Diversification des exportations : Omar Hejira présente les mesures gouvernementales devant le Parlement

Diversification des exportations : Omar Hejira présente les mesures gouvernementales devant le Parlement

Le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a été interpellé, mercredi devant le Parlement, par des conseillers sur la situation des exportations marocaines et la santé du secteur du commerce extérieur. Les échanges ont principalement porté sur la nécessité de diversifier les produits exportés et les marchés de destination, dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et un déficit commercial persistant.

Les conseillers, issus de différents groupes parlementaires, ont exprimé leurs préoccupations concernant l’élargissement du déficit commercial, malgré une hausse des exportations. Ils ont souligné que la balance commerciale n’était pas équilibrée avec plusieurs pays, y compris ceux liés par des accords de libre-échange.

Les préoccupations des parlementaires

Le manque de diversification des exportations, en particulier celles à forte valeur ajoutée, a été au cœur des interrogations. Les députés estiment que cette diversification est essentielle pour renforcer la compétitivité de l’économie nationale et réduire la dépendance aux importations. La fragilité de la structure productive a également été pointée du doigt.

Les élus ont appelé à l’adoption de mesures urgentes pour diversifier les marchés, soutenir les petites et moyennes entreprises et encourager l’innovation. Certains ont mis en garde contre une aggravation potentielle du déficit commercial dans le contexte international actuel, évoquant notamment les tensions géopolitiques et la fermeture du détroit d’Ormuz.

Le groupe du Parti authenticité et modernité a, quant à lui, appelé à des mesures anticipatives pour faire face aux contraintes structurelles du commerce extérieur marocain.

La réponse du secrétaire d’État

En réponse, Omar Hejira a rappelé que le Maroc disposait d’un réseau de 12 accords commerciaux avec une centaine de pays, représentant un marché potentiel de 3 milliards de consommateurs, dont 1,2 milliard en Afrique. Il a présenté plusieurs actions entreprises par le gouvernement pour répondre à ces défis.

Concernant les déséquilibres bilatéraux, le responsable a indiqué que des discussions étaient en cours avec des pays comme la Turquie et l’Égypte, avec lesquels le Maroc enregistre un déficit commercial. Il a affirmé que ces discussions avaient déjà donné des résultats concrets, sans fournir de détails supplémentaires.

Omar Hejira a également appelé le secteur privé à intensifier ses efforts pour renforcer les exportations et contribuer au rééquilibrage de la balance commerciale.

Les avancées de la digitalisation

Le secrétaire d’État a longuement détaillé les progrès réalisés dans la digitalisation des procédures du commerce extérieur, présentée comme un levier majeur de compétitivité. Il a cité la plateforme « PortNet », le guichet unique national, qui a permis de transformer 120 services en services numériques et de connecter 50 institutions et administrations.

Cette plateforme couvre désormais les différents ports et aéroports du Royaume, conduisant à la digitalisation de 96% des procédures du commerce extérieur. Les mesures évoquées incluent la digitalisation des licences et documents d’importation, la facilitation des échanges avec des institutions comme la Douane et l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA), l’adoption du paiement électronique et la déclaration préalable des marchandises.

Selon Omar Hejira, ces améliorations ont produit des effets tangibles. La durée de domiciliation d’un engagement d’importation est passée d’une semaine à trois heures. Le délai de séjour des marchandises a été réduit de 13 à 8 jours, et la durée de passage aux postes frontaliers a diminué de 43%.

Les discussions au Parlement ont ainsi mis en lumière la double priorité des autorités : poursuivre la modernisation administrative pour gagner en efficacité et engager des négociations commerciales ciblées pour corriger les déséquilibres. La pression parlementaire sur ce dossier économique stratégique devrait se maintenir dans les prochains mois, avec un suivi attendu des actions annoncées et de leur impact sur les chiffres réels du commerce extérieur.

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