Formation des observateurs électoraux de l’UA : le Maroc distingué pour son rôle clé en Afrique

Formation des observateurs électoraux de l’UA : le Maroc distingué pour son rôle clé en Afrique

La cinquième édition du cycle de formation des observateurs électoraux de l’Union africaine (UA) a débuté ce lundi à Rabat. Cette session, organisée conjointement par le Royaume du Maroc et le Département des Affaires politiques, de la Paix et de la Sécurité de l’UA, rassemble près de 90 participants issus de 53 pays membres de l’organisation panafricaine.

À cette occasion, le commissaire de l’UA à la Paix et à la Sécurité, Bankole Adeoye, a remis une distinction au ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita. Cette récompense salue le rôle croissant du Maroc dans les domaines de la formation, de la coopération institutionnelle et de la promotion de la gouvernance démocratique sur le continent.

Un programme devenu une référence continentale

Le cycle de formation, dont c’est la cinquième édition, est considéré comme une référence en matière de gouvernance démocratique en Afrique. Bankole Adeoye a souligné le « leadership exceptionnel » du Maroc en matière de gouvernance démocratique, de paix et de sécurité. Il a également salué le rôle du Royaume, désormais un acteur clé dans le renforcement des capacités institutionnelles africaines.

Ce partenariat stratégique entre le Maroc et l’UA célèbre une demi-décennie d’existence. Depuis 2022, le programme a permis de former près de 400 personnes, hommes, femmes, jeunes et personnes en situation de handicap, venant des cinq régions du continent africain.

L’inclusion au cœur de la formation

Dans son discours d’ouverture, Nasser Bourita a détaillé le profil des participants. Il a indiqué que 65% des personnes formées lors des cycles précédents étaient des femmes, et que 85% des participants appartenaient à la jeunesse africaine. « Nos femmes, notre jeunesse, les personnes en situation de handicap, toutes ces voix doivent être présentes, non pas par obligation symbolique, mais parce que leur inclusion est gage d’excellence et de légitimité », a déclaré le ministre.

Il a ajouté que la force de cette formation résidait dans sa capacité à refléter la réalité des sociétés africaines. Pour lui, cette cinquième édition illustre la « ténacité d’une vision et la maturité d’une ambition continentale ».

Former une élite africaine pour des processus démocratiques autonomes

Nasser Bourita a rappelé que cette initiative était née d’une conviction profonde : « la démocratie africaine ne se consolidera que si elle est portée par des mains africaines, formées, indépendantes et pleinement engagées ». L’objectif du dispositif est de contribuer à former une nouvelle génération d’élite africaine capable d’encadrer les processus démocratiques avec expertise et indépendance.

Le ministre a réaffirmé que le cycle continuerait d’œuvrer pour « une Afrique stable, pacifique et résolument maîtresse de son destin », conformément aux Hautes Orientations du Roi Mohammed VI.

Un nouveau défi : les menaces numériques

Le chef de la diplomatie marocaine a également évoqué un défi émergent pour les missions d’observation électorale. Il a pointé les menaces numériques telles que les deepfakes (fausses vidéos hyperréalistes), la désinformation algorithmique et l’utilisation abusive de l’intelligence artificielle.

Selon lui, il est impératif que les autorités des pays s’adaptent et anticipent les risques liés à ces manipulations de l’information. Il a souligné la nécessité de doter les observateurs africains des outils nécessaires pour relever ces nouveaux défis.

La session de formation, qui se poursuivra jusqu’au 25 avril, inclut des délégations venues de plusieurs pays, dont le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Guinée-Bissau, le Soudan et Madagascar. Les participants suivront un programme visant à renforcer leurs compétences en matière d’observation électorale, dans un contexte continental en constante évolution.

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