La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a participé mardi à la conférence inaugurale de haut niveau sur la production animale au Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), à Meknès. Elle a qualifié la participation française de « jalon » et de « moment fort » dans l’histoire de la coopération bilatérale, dans un contexte de discussions avancées pour la reprise des exportations de bovins vivants vers le Maroc.
La 18ème édition du SIAM, inaugurée mardi et se poursuivant jusqu’au 28 avril, se concentre sur la production animale, la durabilité de l’élevage et d’autres filières stratégiques du secteur agricole.
Une coopération qualifiée d’exceptionnelle
Dans une déclaration, la ministre Genevard a estimé que les deux pays traversaient « une période de coopération exceptionnelle », portée par l’année agricole croisée de 2025. Elle a rappelé que le Maroc avait été l’invité d’honneur d’événements majeurs en France, comme le Salon de l’Agriculture de Paris, tandis que la France avait été mise à l’honneur lors de l’édition précédente du SIAM.
Lors de l’inauguration du pavillon français, la ministre a souligné que le partenariat dépasse les cadres institutionnels pour englober pleinement les entreprises et les instituts de recherche. Elle a cité l’accompagnement d’entreprises françaises par la Chambre de Commerce et d’Industrie Internationale au Maroc comme illustration de la vitalité économique du partenariat.
Des dossiers prioritaires et des discussions en cours
La ministre a dévoilé avoir passé en revue l’ensemble des dossiers de coopération lors de la récente commission mixte franco-marocaine. Ces dossiers couvrent des domaines historiques comme l’enseignement et la recherche, mais aussi l’adaptation climatique, la gestion de l’eau, l’élevage durable et la numérisation agricole.
Abordant spécifiquement l’élevage, Annie Genevard a fait écho aux annonces de son homologue marocain concernant la reprise des exportations de semence bovine. Elle a fait état de « discussions confiantes et approfondies pour la reprise des exportations de bovins vivants », une attente forte du Maroc pour reconstituer son cheptel national.
Elle a également évoqué un partenariat prometteur dans la filière caprine, qui pourrait s’étendre à d’autres pays africains comme la Côte d’Ivoire, notamment dans le domaine de la santé animale selon l’approche « Une seule santé ». L’objectif déclaré est de lutter contre les maladies transfrontalières et de garantir une sécurité alimentaire pérenne.
Une dynamique confirmée par les professionnels
La solidité des liens économiques a été confirmée par Alexandre Chedeville, responsable à INTERBEV, l’Association Nationale Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes. Il s’est réjoui de la quatrième participation consécutive d’exportateurs français de bovins vivants au SIAM, saluant l’accueil chaleureux reçu.
Il a rappelé l’existence d’une convention de coopération signée en 2024 avec la Fédération Interprofessionnelle Marocaine du Lait (Maroc Lait). Cette convention vise à travailler conjointement sur les mécanismes d’exportation de génisses laitières françaises vers le Maroc.
Pour les acteurs français du secteur, la présence de la ministre constitue une confirmation de l’importance stratégique du marché marocain. Ils se disent optimistes quant à l’avancement des dossiers d’ouverture sanitaire, espérant une reprise effective des exportations au cours de l’année 2026.
Perspectives et chantiers d’avenir
En marge de ces annonces, les activités du SIAM ont permis d’échanger sur des expériences nationales et internationales, incluant l’expertise du Portugal, invité d’honneur de cette édition. Les discussions ont identifié des leviers stratégiques pour la transformation du secteur.
Parmi les chantiers prioritaires figurent le développement d’une alimentation animale durable, la modernisation des exploitations, l’amélioration génétique des races, une meilleure structuration des filières et l’adaptation aux nouvelles exigences des consommateurs.
Les prochaines étapes dépendront de la finalisation des discussions sanitaires entre les autorités des deux pays. La feuille de route évoquée par les professionnels vise une reprise concrète des flux commerciaux de bovins vivants à l’horizon 2026, dans le cadre du partenariat global renforcé entre la France et le Maroc.
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