L’ambassadeur Omar Hilale, représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies et président de la Commission de consolidation de la paix (PBC) de l’ONU, a présidé un dialogue stratégique avec les directeurs exécutifs de la Banque mondiale, lundi au siège de l’Organisation à New York. Cette rencontre, tenue en marge de l’ouverture du Forum de l’ECOSOC sur le financement du développement, vise à redéfinir la coopération entre l’architecture onusienne de paix et l’institution financière internationale.
Omar Hilale a souligné l’interdépendance fondamentale entre la paix et le développement. « La paix n’est pas seulement le fondement du développement durable, elle en est le préalable », a-t-il déclaré. Il a ajouté que sans paix, les acquis du développement ne peuvent être consolidés, et sans développement, les conditions de la paix demeurent fragiles.
Le président de la PBC a appuyé son propos par des données chiffrées, rappelant que plus de la moitié des populations vivant en situation d’extrême pauvreté se trouvent dans des contextes de fragilité, de conflit ou de violence. Il a appelé le Conseil de la Banque mondiale à maintenir une attention soutenue à ces environnements. Il a également salué l’orientation de la 21ème reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement, qui se concentre sur la prévention et la résilience.
Les enseignements de la République centrafricaine
S’appuyant sur les conclusions d’une récente visite de la PBC en République centrafricaine, Omar Hilale a salué les progrès réalisés par Bangui. Il a cité la consolidation des conditions de sécurité, l’extension de l’autorité de l’État sur le territoire et l’engagement en faveur de la justice transitionnelle. Ces avancées nécessitent, selon lui, un accompagnement renforcé de la part de la Banque mondiale.
Pour approfondir la coopération ONU-Banque mondiale en soutien aux priorités nationales centrafricaines, le président de la PBC a identifié quatre chantiers prioritaires. Il s’agit de la mobilisation de financements accrus pour la réintégration communautaire, l’appui aux réformes dans les secteurs de la sécurité et de la justice, l’accompagnement de la démarche du pays pour l’allocation pour la prévention et la résilience de la Banque mondiale, et la consolidation du cadre quadripartite de suivi conjoint réunissant l’ONU, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l’Union européenne.
La Première Semaine onusienne de la consolidation de la paix
Omar Hilale a annoncé la tenue de la Première Semaine onusienne de la consolidation de la paix, du 22 au 26 juin prochain à New York. Cet événement, mandaté par l’Assemblée générale de l’ONU, se déroulera sous le thème « Partenariat pour l’innovation, l’inclusion et l’impact ». Il coïncide avec le 20ème anniversaire de la Commission de consolidation de la paix.
À cette occasion, l’ambassadeur a invité le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, à y prendre part. Il a estimé que la présence de M. Banga enverrait un signal puissant sur la centralité du partenariat ONU-Banque mondiale dans l’agenda international de la paix et du développement.
Le débat interactif qui a suivi les déclarations, associant les directeurs exécutifs de la Banque mondiale, le Bureau de la PBC et le Secrétariat de l’ONU, a confirmé un terrain d’entente sur plusieurs principes. Les participants se sont accordés sur l’articulation entre paix et développement, l’appropriation nationale comme boussole et le financement comme levier décisif.
Des engagements concrets pour une coopération renforcée
Pour donner une densité opérationnelle à ce partenariat, le président de la PBC a proposé quatre engagements concrets à mettre en œuvre sans délai. Il a suggéré le partage systématique des notes de la PBC avec le Conseil de la Banque mondiale, la préparation conjointe des requêtes pour l’allocation pour la prévention et la résilience, la co-organisation de sessions thématiques durant la semaine de juin, ainsi que la mise en réseau des configurations-pays de la Commission avec les équipes de la Banque mondiale dédiées aux contextes de fragilité, conflit et violence.
Cette rencontre stratégique, troisième du genre après deux éditions tenues à Washington en juin 2024 et septembre 2025, s’inscrit dans le cadre du rôle de présidence exercé par le Maroc au sein de la Commission de consolidation de la paix. Elle intervient dans une année marquée par un double jubilé pour le Royaume aux Nations Unies.
Les prochaines étapes de ce partenariat seront précisées lors de la Première Semaine onusienne de la consolidation de la paix en juin. La participation confirmée ou non de la direction de la Banque mondiale à cet événement anniversaire sera un indicateur observé de la volonté commune d’approfondir cette collaboration stratégique. Les équipes techniques des deux institutions travailleront dès à présent à la mise en œuvre opérationnelle des quatre engagements concrets proposés par Omar Hilale.
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