La cinquième édition de la Journée nationale d’innovation technologique en ingénierie (JNITI) s’est ouverte avec des attentes élevées à Rabat, le 15 octobre 2024. Organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, cette rencontre vise à examiner les mécanismes de transformation des résultats de la recherche en valeur économique. Pour Hassan Ammor, ministre de l’Industrie et du Commerce, l’événement doit confirmer sa vocation à rapprocher le monde universitaire du tissu industriel.
Un rendez-vous stratégique pour l’écosystème d’innovation
La JNITI réunit cette année chercheurs, entrepreneurs, investisseurs et représentants d’institutions publiques. Selon les organisateurs, l’objectif principal est d’accélérer le transfert technologique et de stimuler la création de start-ups issues de la recherche académique. Les données officielles indiquent que le Maroc consacre environ 0,8 % de son PIB à la recherche et développement, un taux inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE.
Le ministre Ammor a souligné que la valorisation économique des innovations représente un levier crucial pour la compétitivité nationale. Il a cité des exemples de brevets marocains qui n’ont pas trouvé de débouchés commerciaux, faute d’accompagnement et de financement adaptés.
Les défis du passage du laboratoire au marché
Plusieurs intervenants ont mis en avant la nécessité de renforcer les mécanismes de financement pour les projets à un stade précoce. Le Fonds national pour l’innovation, doté de 200 millions de dirhams, a déjà soutenu une centaine de projets depuis son lancement en 2022. Cependant, des experts estiment que les montants restent insuffisants face aux besoins réels de l’écosystème.
Le directeur général de l’Agence nationale de promotion de la recherche et de l’innovation (ANPRI) a précisé que seulement 15 % des projets de recherche aboutissent à un produit ou service commercialisable. Ce taux reflète un fossé persistant entre la production scientifique et la demande du marché.
Des pistes pour améliorer le transfert technologique
Des ateliers thématiques ont été organisés pour identifier des solutions concrètes. Parmi les propositions figuraient la création de plateformes de co-développement entre universités et entreprises, la simplification des procédures de dépôt de brevets et la mise en place de programmes de formation à l’entrepreneuriat pour les doctorants.
Par ailleurs, un partenariat a été annoncé entre le ministère de l’Industrie et le ministère de l’Enseignement supérieur pour lancer un programme pilote d’incubation de projets innovants dans cinq villes marocaines. Ce programme devrait démarrer au premier trimestre 2025 et ciblera des domaines prioritaires comme les énergies renouvelables, l’agriculture intelligente et les technologies de la santé.
Les retombées attendues
Les participants ont souligné que la réussite de cette stratégie repose sur une coordination renforcée entre les acteurs publics et privés. Selon les chiffres fournis par l’ANPRI, chaque dirham investi dans la recherche génère en moyenne 3,5 dirhams de valeur ajoutée économique à moyen terme, mais ce rendement pourrait doubler avec une meilleure intégration des phases de validation et de commercialisation.
Le ministère de l’Innovation prévoit de publier un rapport d’évaluation des progrès réalisés d’ici la fin de l’année 2024. Ce document devrait servir de base à une révision du cadre légal encadrant les partenariats public-privé en matière de recherche.
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