Rabat – Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences, a présenté le bilan du dialogue social lors d’une séance à la Première Chambre du Parlement, répondant aux questions des groupes de députés sur les acquis du cycle d’avril. Il a estimé que les efforts déployés par le gouvernement sont « exceptionnels » et que nul ne peut le nier.
Chiffres clés des bénéficiaires
Selon le ministre, près de 4,25 millions de salariés et de fonctionnaires ont profité des mesures de hausse des salaires. Ce total se répartit entre 3 millions dans le secteur privé et 1,25 million dans le secteur public. Sekkouri a qualifié ces chiffres de « volume d’une intervention publique hors du commun », soulignant que le gouvernement assume sa responsabilité de respecter la loi et la Constitution dans la gestion du dialogue avec les syndicats les plus représentatifs au niveau central.
Réponse aux critiques de l’opposition
Le ministre a rejeté les accusations de l’opposition concernant l’exclusion de certains syndicats du dialogue social. Il a précisé que le gouvernement a mis en place une approche fondée sur l’élargissement des profits et l’amélioration des revenus, tout en traitant des dossiers bloqués depuis des années. Parmi ceux-ci figurent les problèmes du secteur de l’éducation, qui ont touché des dizaines de milliers de fonctionnaires. Sekkouri a noté que les « cris de colère des professeurs bloqués aux échelons inférieurs » ne se font plus entendre.
Le responsable a indiqué que la période vécue par le pays a été exceptionnelle et a nécessité la mobilisation d’efforts exceptionnels. Il a considéré que le bilan du dialogue social, tant par le nombre de bénéficiaires que par son coût financier, place cette étape parmi les plus illustres de l’histoire des politiques sociales au Maroc.
Réformes et compromis
Sekkouri a insisté sur le fait que les réformes initiées, notamment la révision de certaines dispositions du Code du travail, se sont déroulées dans un cadre de compromis avec les partenaires sociaux et les chefs d’entreprise. Cela reflète, selon lui, « un niveau très poussé de bonne foi entre les diverses parties ». Il a ajouté que l’évaluation du bilan reste entre les mains des citoyens, décrivant les efforts du gouvernement comme « majeurs » et visant l’amélioration des conditions sociales et la consolidation de l’équité sociale.
Coût global et mesures concrètes
Le ministre a rappelé que le coût global des fruits du dialogue social atteindra près de 49,7 milliards de dirhams d’ici la fin de cette année et le début de l’année prochaine. Il a qualifié cette enveloppe de « colossale », dédiée au soutien du pouvoir d’achat et à l’amélioration de la vie de larges franges de citoyens. Sekkouri a précisé que cet effort financier vise à sceller la bonne foi entre le gouvernement, les partenaires sociaux et les chefs d’entreprise.
Parmi les mesures détaillées, le ministre a cité la hausse du seuil minimum des salaires dans le secteur non agricole, passant de 14,81 dirhams à 17,90 dirhams de l’heure, ainsi que la hausse du seuil minimum mensuel. Dans le secteur agricole, le seuil est passé de 1 900 à 2 400 dirhams. Le gouvernement a également adopté une hausse générale des salaires des fonctionnaires du secteur public de 1 000 dirhams. Dans le secteur de l’éducation, près de 325 000 fonctionnaires bénéficient d’améliorations salariales oscillant entre 1 500 et 5 000 dirhams.
Le ministre a précisé que ces mesures se sont étendues au secteur privé par la révision de l’impôt sur le revenu, permettant une amélioration moyenne des revenus de près de 400 dirhams. En outre, la réforme du système de retraite a abaissé le seuil minimum pour bénéficier de la pension, de 3 240 jours à 1 320 jours.
Modification du Code du travail
Concernant le cycle d’avril, Sekkouri a annoncé une orientation pour modifier l’article 193 du Code du travail. L’objectif est d’améliorer les conditions de travail des vigiles de sécurité privée, notamment en ce qui concerne les heures de service, afin de lever l’injustice sur cette catégorie. Il a estimé que ces réformes reflètent un effort du gouvernement « hors du commun » dans une période exceptionnelle.
Perspectives
Le gouvernement prévoit de poursuivre la mise en œuvre de ces mesures, avec un suivi de leur impact sur le pouvoir d’achat et les conditions de travail. Les prochains cycles de dialogue social devraient aborder d’autres réformes structurelles, notamment dans le cadre de la consolidation de l’équité sociale et de l’amélioration du climat des affaires.
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