Les chiffres mondiaux de la criminalité et de la violence atteignent des sommets sans précédent, avec un coût annuel estimé à plus de 20 000 milliards de dollars, soit environ 13 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Au Maroc, cette réalité pèse lourdement sur l’économie et la société, mais des pistes émergent pour transformer cette charge en opportunité de développement.
Selon les données compilées par des institutions internationales, le coût de la criminalité au Maroc représente une part significative du budget national. Toutefois, les autorités marocaines, en collaboration avec des experts en sécurité et en économie, explorent des stratégies pour non seulement réduire ces dépenses mais aussi pour générer des retombées positives. L’objectif affiché est de passer d’une approche purement défensive à une gestion proactive qui valorise les ressources allouées à la sécurité.
Un fardeau économique mondial
À l’échelle planétaire, les coûts directs et indirects de la criminalité incluent les dépenses de police, de justice, de prisons, ainsi que les pertes économiques dues aux vols, fraudes et violences. Le chiffre de 20 000 milliards de dollars équivaut à près de 13 % du PIB mondial, un montant qui dépasse les budgets de nombreux pays. Pour le Maroc, ces coûts se reflètent dans les dépenses publiques de sécurité et dans les pertes subies par les entreprises et les particuliers.
Une étude récente de l’Observatoire national de la criminalité au Maroc indique que les infractions économiques, notamment les escroqueries et les cyberattaques, ont augmenté de 15 % en 2023 par rapport à l’année précédente. Les autorités ont réagi en renforçant les unités spécialisées et en modernisant les systèmes de surveillance, mais les experts estiment que ces mesures doivent s’accompagner d’une meilleure rentabilisation des investissements sécuritaires.
Vers une optimisation des coûts sécuritaires
La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a lancé plusieurs initiatives visant à rationaliser les dépenses. Par exemple, le recours accru aux technologies de vidéosurveillance et à l’intelligence artificielle permet de réduire le nombre d’agents nécessaires sur le terrain tout en augmentant l’efficacité. Selon un rapport interne de la DGSN, ces investissements ont permis une baisse de 8 % des coûts opérationnels en 2024.
En parallèle, le Maroc développe des partenariats public-privé pour financer des programmes de prévention. Ces collaborations visent à transformer les dépenses de sécurité en investissements productifs, par exemple en créant des emplois dans le secteur de la cybersécurité ou en réduisant les primes d’assurance pour les entreprises qui adoptent des normes strictes de sécurité.
Les économistes interrogés soulignent que chaque dirham économisé sur la criminalité peut être réinvesti dans l’éducation, la santé ou les infrastructures. Un rapport de la Banque mondiale daté de 2023 estime qu’une réduction de 10 % des coûts de la criminalité au Maroc libérerait environ 5 milliards de dirhams par an. Ces fonds pourraient financer des programmes sociaux comme la lutte contre la pauvreté ou l’amélioration des transports publics.
Des réactions partagées
Les organisations de la société civile saluent les efforts de modernisation mais appellent à davantage de transparence sur l’utilisation des fonds alloués à la sécurité. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a demandé la publication régulière de rapports sur l’efficacité des dépenses sécuritaires. De son côté, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) recommande de lier les financements à des objectifs mesurables de réduction de la criminalité.
Les professionnels du secteur, comme les assureurs et les consultants en sécurité, voient dans cette approche une opportunité économique. Ils estiment que le Maroc pourrait devenir un hub régional pour les technologies de sécurité si des incitations fiscales et des formations adéquates sont mises en place.
Perspectives
Le gouvernement marocain prévoit de présenter un plan national de gestion des coûts de la criminalité d’ici fin 2025. Ce plan devrait inclure des objectifs chiffrés de réduction des dépenses et des indicateurs de performance pour chaque région. Les experts attendent également une loi cadre sur la cybersécurité qui clarifiera les responsabilités des acteurs publics et privés. Si ces mesures sont mises en œuvre, le Maroc pourrait réduire de 20 % ses coûts liés à la criminalité d’ici 2030, selon les projections actuelles.
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