Élections législatives au Maroc : l’Intérieur renforce la surveillance des projets sociaux

Élections législatives au Maroc : l’Intérieur renforce la surveillance des projets sociaux

À quelques mois des élections législatives prévues en septembre, le ministère de l’Intérieur a adressé des directives strictes aux responsables territoriaux de plusieurs régions du Maroc. Ces instructions visent à prévenir toute exploitation des infrastructures sociales à des fins électorales.

Les régions concernées sont Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Marrakech-Safi et Béni Mellal-Khénifra. Selon des sources proches du dossier, citées par Hespress, les services centraux ont réagi à des rapports faisant état de soupçons de « gel volontaire » de chantiers publics.

Des projets sociaux retardés délibérément

D’après ces sources, plusieurs projets sociaux, dont certains avaient atteint des phases avancées de réalisation, auraient été volontairement retardés par des présidents de conseils locaux. Ces projets devaient être livrés avant la fin de l’année dernière ou au début du premier trimestre de l’année en cours.

Les retards ne seraient pas liés à des difficultés techniques ou financières. Ils résulteraient plutôt de calculs politiques visant à programmer leur inauguration à quelques mois des élections, afin d’en tirer un bénéfice électoral.

Les infrastructures concernées incluent notamment des réseaux d’approvisionnement en eau potable, des raccordements individuels, des maisons d’étudiants dans des zones reculées, ainsi que des centres d’accueil pour personnes en situation de précarité.

Des zones à fort poids électoral ciblées

Les rapports transmis au ministère indiquent que certains projets n’ont pas été orientés selon des critères de besoin ou de priorité, mais vers des zones à fort poids électoral. Cette pratique traduirait une utilisation des infrastructures publiques comme outil d’influence politique plutôt que comme levier de développement.

Le ministère de l’Intérieur a demandé aux walis, gouverneurs et autorités locales de dépêcher des commissions de terrain. Ces équipes devront inspecter les projets retardés, vérifier concrètement les causes des reports et examiner les documents liés aux marchés publics, conventions et calendriers des travaux.

Un contrôle renforcé sur les subventions et aides

Les opérations de contrôle doivent également s’étendre aux projets de forage de puits et de recherche d’eaux souterraines dans les zones rurales, notamment dans les régions de Marrakech-Safi et Béni Mellal-Khénifra. Ces zones sont considérées comme des réservoirs électoraux historiques pour certains élus locaux.

En parallèle, les rapports transmis à l’administration centrale ont relevé plusieurs demandes de modification des budgets communaux pour l’année 2026, comportant de forts soupçons de motivations politiques et électorales. Ces demandes concerneraient notamment l’augmentation des subventions accordées à des associations proches de présidents de communes, d’élus ou de leurs entourages.

Une coordination interministérielle pour la transparence

Les vérifications seront menées en coordination avec les agences des bassins hydrauliques et les services du ministère de l’Équipement. Les rapports des agents d’autorité et des responsables des affaires rurales au niveau des provinces serviront également de réseau de suivi de proximité.

Les autorités territoriales ont renforcé les règles encadrant la distribution des subventions associatives. Elles ont également intensifié la lutte contre les campagnes de distribution d’aides humanitaires et alimentaires, considérées comme un moyen indirect de captation électorale.

Ces mesures interviennent dans un contexte de préparation des prochaines échéances électorales, où la transparence et l’équité d’accès aux services publics sont au cœur des préoccupations.

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