Un parlementaire marocain propose de prolonger les congés de l’Aïd pour les secteurs public et privé

Un parlementaire marocain propose de prolonger les congés de l’Aïd pour les secteurs public et privé

Rabat. Un conseiller parlementaire a officiellement demandé au gouvernement marocain de revoir le régime des congés accordés à l’occasion des deux grandes fêtes religieuses nationales, l’Aïd el-Fitr et l’Aïd al-Adha. Khalid Satti, représentant de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM) à la Chambre des conseillers, a adressé une question écrite au chef du gouvernement pour réclamer une prolongation de ces jours fériés, actuellement fixés à deux jours par fête.

Dans son intervention, M. Satti a souligné que la durée actuelle est insuffisante pour permettre aux travailleurs, notamment ceux éloignés de leurs familles, de célébrer ces occasions dans des conditions humaines et sociales appropriées. Il a insisté sur les obligations familiales et sociales liées à ces deux fêtes, qui impliquent des déplacements, des voyages et des visites familiales.

Un appel à une refonte du régime des congés religieux

Le conseiller a plaidé pour une refonte complète du système des fêtes religieuses au Maroc. Selon lui, l’octroi de congés plus longs permettrait de répondre aux besoins des employés du secteur public et du secteur privé. Il a recommandé l’instauration de congés exceptionnels spécifiquement pour l’Aïd el-Fitr et l’Aïd al-Adha, dès cette année pour l’Aïd al-Adha.

M. Satti a également mis en avant les bénéfices d’une telle mesure sur le bien-être psychologique des travailleurs et de leurs familles. La pression sociale et psychologique ressentie par les employés vivant loin de leurs proches serait ainsi allégée, selon le parlementaire.

Les enjeux de sécurité routière et de transports

La question des déplacements massifs pendant les fêtes a été un point central de l’intervention de Khalid Satti. Il a rappelé que les gares routières, les trains et les axes autoroutiers connaissent chaque année une saturation importante, provoquant fatigue, stress et accidents de la route. Des milliers de fonctionnaires et de salariés, travaillant loin de leurs villes d’origine, doivent parcourir de longues distances pour rejoindre leurs proches dans un délai souvent jugé insuffisant.

Selon le conseiller, une prolongation des congés permettrait d’étaler les départs et les retours, réduisant ainsi la pression sur les infrastructures de transport et améliorant la sécurité routière.

Des retombées économiques attendues

Au-delà de l’aspect social, la réforme pourrait avoir des implications économiques. Les périodes de fêtes stimulent fortement la consommation intérieure dans les secteurs du transport, du commerce, de la restauration, de l’habillement et de l’artisanat. En accordant plus de temps aux familles pour célébrer ces occasions, l’État soutiendrait indirectement l’économie nationale, en particulier dans les régions rurales, montagneuses et oasisiennes où les retours familiaux dynamisent les marchés locaux.

M. Satti a souligné que la célébration des fêtes dans de meilleures conditions pourrait avoir des répercussions positives sur la productivité professionnelle et contribuer à renforcer la solidarité entre les villes et les régions plus reculées.

Une question d’équité entre secteurs

Le conseiller a également évoqué la question de la justice sociale entre les différentes catégories de travailleurs. Dans plusieurs entreprises privées, de nombreux salariés ne peuvent pas profiter pleinement des fêtes en raison des contraintes professionnelles ou de la difficulté à obtenir des jours supplémentaires. Une réforme nationale harmonisée garantirait une plus grande équité entre les secteurs public et privé.

Actuellement, de nombreux employés restent dans l’attente d’un pont entre les jours de congés et le week-end lorsque les fêtes tombent en milieu de semaine. Offrir des congés plus longs permettrait de prévoir les absences à l’avance et d’alléger le poids mental de cette attente.

La question écrite de Khalid Satti reste en attente d’une réponse officielle du gouvernement. Aucun calendrier n’a encore été communiqué pour l’examen de cette proposition.

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