Rabat – Le gouvernement marocain accélère le processus d’octroi des autorisations pour des projets énergétiques totalisant une capacité de 3 000 mégawatts (MW), dont l’entrée en service est prévue pour le début de l’année 2026. Cette annonce a été faite par la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, en réponse à une question orale à la Chambre des représentants.
Un plan d’investissement énergétique accéléré
Interrogée sur les mesures et moyens visant à ouvrir et renforcer les investissements dans le secteur de l’énergie, Mme Benali a précisé que son département travaille à la simplification des procédures administratives pour les projets d’énergies renouvelables et conventionnelles. Ces 3 000 MW représentent une étape clé dans la stratégie énergétique nationale, qui vise à porter la part des énergies renouvelables à plus de 52 % de la capacité installée totale d’ici 2030.
La ministre a souligné que les autorisations concernent à la fois des projets éoliens, solaires et hydrauliques, ainsi que des centrales à gaz naturel, afin de garantir la sécurité d’approvisionnement et la transition vers un mix énergétique plus propre. Les investissements concernés sont estimés à plusieurs milliards de dirhams, portés par des opérateurs publics et privés nationaux et internationaux.
Le contexte de la demande croissante d’électricité
Cette accélération intervient dans un contexte de forte croissance de la demande en électricité au Maroc, tirée par le développement industriel, l’urbanisation et les besoins croissants en dessalement d’eau de mer. Selon les données officielles, la consommation électrique nationale a augmenté de près de 4 % en 2024 par rapport à l’année précédente.
Pour répondre à cette demande tout en respectant les engagements climatiques du Royaume, le gouvernement a mis en place un cadre réglementaire simplifié depuis 2023, notamment via la loi relative aux énergies renouvelables et la réforme du secteur de l’électricité. Mme Benali a rappelé que ces mesures ont permis de réduire les délais d’autorisation de 18 à 12 mois en moyenne pour les projets de grande envergure.
Les implications pour le développement régional
Les projets totalisant 3 000 MW seront répartis sur plusieurs régions du Maroc, avec une attention particulière pour les zones rurales et périurbaines où l’accès à l’énergie reste un enjeu de développement. La ministre a cité en exemple les provinces du Sud, où des parcs éoliens et solaires sont en cours de déploiement, ainsi que les régions de l’Oriental et de Souss-Massa pour des centrales photovoltaïques.
Ces investissements devraient également créer des milliers d’emplois directs et indirects, dans la construction, l’exploitation et la maintenance des infrastructures énergétiques. Le ministère prévoit un accompagnement spécifique pour la formation des techniciens locaux.
Prochaines étapes et perspectives
Selon le calendrier officiel, les premières autorisations pour les projets les plus avancés seront délivrées d’ici la fin de l’année 2025, avec une mise en service progressive à partir de janvier 2026. Le gouvernement prévoit également de lancer de nouveaux appels d’offres pour des capacités supplémentaires dans les mois à venir, notamment dans le cadre du plan national d’investissement vert.
La ministre a indiqué que des discussions sont en cours avec les opérateurs du réseau électrique national pour garantir l’intégration de ces nouvelles capacités sans perturbation de l’approvisionnement. Le Maroc vise à terme une capacité totale installée de plus de 20 000 MW d’ici 2030, dont 10 000 MW issus des énergies renouvelables.
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