À l’approche des prochaines élections législatives au Maroc, l’encadrement du financement des partis politiques et l’intégration des outils numériques dans leurs campagnes s’imposent comme des priorités. Selon une analyse livrée par El Ouardi El Abass, professeur de droit public à l’Université Mohammed V de Rabat et directeur général de la Revue africaine des politiques publiques, les formations politiques doivent désormais répondre à des attentes accrues en matière de transparence financière et de modernisation de leurs pratiques.
Un appel à la réforme des pratiques comptables
Dans ses déclarations, El Ouardi El Abass souligne que la gestion des financements publics, inscrite dans le budget général de l’État, nécessite un niveau d’exigence élevé en matière de traçabilité et de contrôle. Il appelle à une refonte du dispositif comptable des partis pour mieux encadrer l’usage de ces ressources et ancrer une véritable culture de reddition des comptes.
Cette évolution, selon lui, permettrait d’établir une cartographie plus claire et détaillée des dépenses engagées, notamment celles liées aux campagnes législatives attendues cette année. Elle faciliterait également le travail des organes de contrôle, en particulier la Cour des comptes et les commissaires aux comptes, appelés à intervenir dans un cadre plus lisible.
Au-delà du contrôle, le professeur insiste sur la nécessité de responsabiliser les partis dans la gestion des ressources publiques, en les incitant à se conformer à des standards plus rigoureux. Il estime que le moment est venu de structurer davantage la gestion financière des formations politiques, en particulier à l’approche des échéances électorales.
Le numérique comme impératif stratégique
Parallèlement à cette exigence de transparence, El Ouardi El Abass met en avant l’importance croissante du numérique dans la conduite des campagnes électorales. Il considère que l’intégration des technologies de l’information et de la communication est devenue un impératif pour accompagner les échéances électorales et capter l’attention des électeurs, notamment les plus jeunes, qui représentent une part significative de la population.
Selon lui, la communication partisane ne peut plus se limiter aux formats traditionnels ni même à un usage ponctuel des réseaux sociaux. Les partis doivent désormais se doter de plateformes numériques propres, capables d’assurer une interaction directe, continue et structurée avec les citoyens.
Cette transformation suppose également un effort de formation interne. Le professeur estime que les militants et les cadres doivent être préparés à maîtriser ces outils afin d’éviter tout décalage avec les formations les plus avancées dans ce domaine. Il ne s’agit plus seulement d’une option stratégique, mais d’une condition pour rester compétitif.
L’expert prévient enfin que l’absence d’investissement dans des dispositifs numériques structurés pourrait peser sur les résultats électoraux. Les partis qui ne s’inscriraient pas dans cette dynamique risquent de voir leur capacité de mobilisation et leur visibilité s’affaiblir dans un environnement où les usages numériques s’imposent désormais comme un vecteur central de la relation avec l’électorat.
Des enjeux aux implications concrètes
Ces analyses interviennent dans un contexte où les attentes de la société marocaine en matière de transparence et de modernisation de la vie politique se renforcent. Les prochaines échéances électorales constitueront un test pour évaluer la capacité des partis à répondre à ces deux impératifs.
À ce stade, aucune annonce officielle n’a été faite concernant une éventuelle réforme du cadre comptable ou un programme d’accompagnement numérique pour les formations politiques. Toutefois, les déclarations d’El Ouardi El Abass pourraient alimenter les débats au sein des instances concernées, notamment la Cour des comptes et les commissions parlementaires chargées du suivi des lois relatives aux partis politiques.
Commentaires (0)
Laissez votre commentaire