Législatives 2026 : Ouzzine propose un « contrat » aux citoyens et écarte les « promesses chiffrées »

Législatives 2026 : Ouzzine propose un « contrat » aux citoyens et écarte les « promesses chiffrées »

À un peu plus de trois mois des élections législatives prévues en septembre 2026, la campagne politique s’installe progressivement dans le paysage marocain. Réunions partisanes, déplacements sur le terrain et premières prises de parole marquent le début de la course électorale. Dans ce contexte de pré-campagne, les formations politiques cherchent à se démarquer face à un électorat marqué par une défiance persistante envers la classe politique.

Samedi à Rabat, le secrétaire général du Parti du Mouvement populaire (MP), Mohamed Ouzzine, a présenté les grandes lignes de son « contrat haraki » lors d’une rencontre avec des militants. Il a placé la notion de « responsabilité » au cœur de son discours, appelant les citoyens à ne pas céder aux pratiques qu’il considère comme les dérives traditionnelles des périodes électorales. « Nous voulons aujourd’hui que le citoyen assume sa responsabilité et qu’il ne vende pas son avenir ni celui de ses enfants pour un panier alimentaire ou 200 dirhams », a-t-il déclaré.

Un « contrat » plutôt qu’un programme électoral

Ouzzine a insisté sur le fait que son parti ne présentera pas un « programme électoral » classique, mais un « contrat » conclu avec les Marocains. Selon lui, les programmes traditionnels des partis politiques se sont souvent transformés en « surenchère de chiffres et d’indicateurs », sans clarification sur les moyens de financement ni sur la faisabilité réelle des engagements annoncés. « Lorsque l’on revient aux anciens programmes, on constate qu’ils étaient essentiellement composés de chiffres, sans explication sur leur coût ou leurs sources de financement », a-t-il affirmé.

Le responsable haraki a également reconnu l’écart persistant entre les promesses électorales et leur traduction concrète sur le terrain. « Aujourd’hui, nous ne voulons pas mentir aux Marocains », a-t-il assuré, expliquant que son parti préfère proposer « des réformes fondamentales traduites en mesures concrètes » plutôt qu’une accumulation d’engagements difficilement réalisables.

Critique de la dépendance climatique et des promesses d’emploi

Dans son intervention, Ouzzine s’est longuement arrêté sur la fragilité du modèle économique marocain face aux aléas climatiques, notamment à travers la dépendance persistante de la croissance nationale à la campagne agricole. « Qu’on le veuille ou non, le taux de croissance reste sous la dépendance des précipitations », a-t-il déclaré. Il a rappelé qu’une récolte céréalière avoisinant les 80 millions de quintaux permettrait au Maroc d’atteindre une croissance comprise entre 3 % et 3,1 %, tandis qu’un niveau inférieur entraînerait automatiquement un ralentissement économique.

Cette dépendance rend, selon lui, particulièrement hasardeuses les promesses massives de création d’emplois brandies lors des campagnes électorales. « Comment promettre aujourd’hui aux Marocains des millions d’emplois alors que nous savons que nous ne maîtrisons pas les taux de croissance, eux-mêmes liés à la pluviométrie ? », s’est-il interrogé, précisant que « chaque point de croissance ne génère qu’environ 24.000 postes d’emploi ».

Un discours de prudence et de proximité

À travers ce positionnement, le patron du Mouvement populaire semble chercher à construire un discours de prudence politique, loin des promesses spectaculaires qui accompagnent généralement les échéances électorales marocaines. « Le véritable contrat consiste à dire aux Marocains ce que nous sommes capables de faire et ce que nous ne sommes pas capables de faire », a-t-il insisté.

Ouzzine a également présenté ce « contrat haraki » comme le résultat d’un travail de terrain mené par les militants du parti, plutôt qu’un document élaboré dans des cabinets de conseil. Selon lui, cette vision politique serait née de l’écoute directe des habitants des zones rurales, montagneuses et marginalisées. « Nous ne sommes pas allés dans des bureaux d’études pour découvrir la réalité des montagnes, des villages ou des oasis. Ce projet est le produit des militants et militantes harakis, des enfants des marges, qui ont écouté les préoccupations et les attentes des citoyens », a-t-il expliqué.

Enjeux de confiance et abstention

À mesure que septembre 2026 approche, les partis politiques multiplient les initiatives pour occuper le terrain et affiner leurs stratégies de communication. Derrière les discours sur la responsabilité, la crédibilité ou la proximité avec les citoyens, c’est déjà la bataille de la confiance qui se joue dans un pays où l’abstention et le scepticisme électoral demeurent des défis majeurs pour la classe politique.

La suite de la campagne devrait voir d’autres formations politiques dévoiler leurs programmes et leurs positions, alors que le scrutin législatif du 11 septembre 2026 s’annonce comme un test clé pour la participation citoyenne et la crédibilité des partis.

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