Fonds Bleu du Congo : le Maroc annonce un nouveau versement à Brazzaville

Fonds Bleu du Congo : le Maroc annonce un nouveau versement à Brazzaville

Lors de la première table ronde des bailleurs de fonds organisée en marge des Assemblées annuelles 2026 de la Banque africaine de développement à Brazzaville, l’ambassadrice du Maroc, Najoua El Berrak, a confirmé une nouvelle contribution financière de Rabat au Fonds Bleu pour le Bassin du Congo. Ce geste, dont le montant n’a pas été divulgué publiquement, vise à soutenir la Commission Climat du Bassin du Congo et à transformer les engagements internationaux en ressources concrètes.

Le Maroc n’est pas un simple observateur dans ce projet. Il figure parmi les architectes du Fonds Bleu, dont la genèse remonte à la COP22 de Marrakech en 2016. Le Royaume a alors pris un engagement qui dépasse les déclarations d’intention : il a financé et piloté l’étude de préfiguration du Fonds, un travail qui a permis d’identifier plus de 200 projets potentiels et de concevoir le mécanisme de gouvernance. Cette double contribution, intellectuelle et financière, est jugée rare dans un paysage international où les promesses climatiques restent souvent lettre morte.

Depuis cette période, Rabat a versé une première contribution pour lancer l’unité de démarrage du Fonds. Il a également partagé son expertise en finance climatique, un domaine où le Maroc s’est forgé une crédibilité reconnue, notamment à travers la Caisse de Dépôt et de Gestion et ses différents mécanismes verts. La nouvelle annonce faite à Brazzaville est présentée comme un signal de confiance envers la Commission Climat du Bassin du Congo.

Les enjeux du Bassin du Congo

Le Bassin du Congo est la deuxième plus grande forêt tropicale du monde. Il s’étend sur six pays, abrite une biodiversité exceptionnelle et joue un rôle crucial dans la régulation du climat bien au-delà de l’Afrique centrale. Pourtant, les flux financiers climatiques vers cette zone restent structurellement insuffisants, alors que ces forêts séquestrent des milliards de tonnes de carbone.

La Commission Climat du Bassin du Congo dispose aujourd’hui d’un portefeuille de cinquante projets prioritaires, alignés sur les stratégies nationales des pays membres. Lors de son intervention, Mme El Berrak a déclaré : « Le temps du plaidoyer est dépassé, il faut désormais transformer les engagements en ressources concrètes. » Elle a également appelé les autres bailleurs à franchir ce qu’elle a nommé « le pas décisif du financement », une formule qui résume la frustration d’une région dont le service écologique global n’est pas suffisamment rémunéré.

Un appel à des financements prévisibles et coordonnés

L’ambassadrice a plaidé pour un appui « prévisible, coordonné et orienté vers des projets à fort impact », critiquant en filigrane la dispersion et l’irrégularité des financements actuels. Elle a rappelé que les enjeux, qu’il s’agisse de sécurité alimentaire, de stabilité climatique ou des conditions de vie de millions de personnes, dépassent largement les frontières du continent.

Cette nouvelle contribution financière du Maroc intervient dans un contexte où la Commission Climat du Bassin du Congo cherche à accélérer la mise en œuvre de ses projets. Aucun calendrier précis n’a été communiqué pour le décaissement des fonds, mais les observateurs s’attendent à ce que les discussions se poursuivent lors des prochaines réunions multilatérales sur le climat. Le Royaume, fort de son expérience en matière de finance verte, pourrait jouer un rôle de catalyseur pour inciter d’autres partenaires à suivre son exemple.

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