Saloua El Bardai accuse le gouvernement d’avoir transformé l’Aïd Al-Adha en fardeau pour les familles marocaines

Saloua El Bardai accuse le gouvernement d’avoir transformé l’Aïd Al-Adha en fardeau pour les familles marocaines

Rabat – La députée Saloua El Bardai, membre du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD), a critiqué la gestion gouvernementale du pouvoir d’achat à l’approche de l’Aïd Al-Adha. Dans une déclaration au site officiel de son parti, elle a estimé que la fête religieuse, traditionnellement un moment de communion, est devenue une source d’inquiétude pour de nombreux ménages marocains.

Saloua El Bardai a accusé l’Exécutif d’avoir transformé « les fêtes, les occasions et même la vie quotidienne des Marocains en un fardeau permanent ». Elle a souligné que la hausse des prix et les difficultés d’accès au mouton de l’Aïd reflètent l’érosion continue du pouvoir d’achat des citoyens.

Contradictions sur les prix et la disponibilité du cheptel

La parlementaire a remis en cause les chiffres officiels concernant l’offre de bétail. Le ministre de l’Agriculture avait annoncé une disponibilité nationale de neuf millions de têtes de bétail, mais Saloua El Bardai a affirmé que cette abondance n’est pas visible sur les marchés. « Cette abondance dont parle le ministre devrait être visible sur le terrain », a-t-elle déclaré, jugeant que la réalité observée contredit les déclarations officielles.

Elle a également relevé des contradictions dans les annonces ministérielles sur les prix des moutons. Selon elle, le ministre avait d’abord évoqué des ovins à 1.000 dirhams, puis un montant de 2.500 dirhams. Une incohérence qu’elle qualifie d’« étrange », surtout dans un débat retransmis en direct et suivi par l’opinion publique. « Il est inconcevable que des chiffres contradictoires et erronés soient présentés lors d’une séance constitutionnelle », a-t-elle ajouté, accusant le gouvernement de « mensonge » et de « manipulation ».

Pression sociale et aides publiques inefficaces

Saloua El Bardai a insisté sur la pression sociale subie par les familles. Elle a évoqué des parents « embarrassés devant leurs enfants » et contraints d’acheter un mouton malgré des moyens financiers limités. « Le pouvoir d’achat des Marocains a atteint un niveau très bas sous ce gouvernement », a-t-elle estimé.

La députée a également critiqué l’efficacité des aides publiques accordées au secteur. Elle a rappelé qu’un ministre de la majorité avait évoqué une enveloppe de 13 milliards de dirhams destinée aux importateurs et intermédiaires du marché du bétail, connus sous le nom de « Fraqchia ». Selon elle, ces soutiens publics n’ont pas eu d’effet visible sur les prix pratiqués. Elle a cité l’exemple du prix de la viande rouge, passé de 70 dirhams à 150 dirhams le kilogramme, malgré les subventions.

Les aides à l’importation de viande et aux aliments pour bétail, a-t-elle poursuivi, ont été financées par l’argent des contribuables marocains pour préserver l’accès des citoyens à la viande rouge. Or, « les Marocains ne peuvent aujourd’hui ni accomplir le rite de l’Aïd Al-Adha ni consommer de viande en raison de la flambée des prix », a-t-elle déploré.

Conclusions et perspectives

Saloua El Bardai a conclu que ces fonds publics « n’ont profité ni aux citoyens ni aux finances de l’État », car ils n’ont pas amélioré la situation des ménages ni été réinvestis dans d’autres projets publics. La polémique intervient alors que le gouvernement défend sa politique agricole et son soutien au secteur de l’élevage, alors que les ménages marocains se préparent à célébrer l’Aïd Al-Adha dans un contexte de hausse des prix.

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