Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) est sorti de son silence pour défendre sa coordinatrice nationale, Fatima Ezzahra El Mansouri, dans l’affaire dite du « terrain de Tassoultante ». Face aux critiques qui visent la ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, également présidente du conseil communal de Marrakech, la direction du parti a apporté de nouveaux éléments pour réfuter les allégations.
Samir Goudar, responsable du pôle organisationnel du PAM et président de la région Marrakech-Safi, a estimé que cette affaire constitue une attaque injustifiée. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « guerre médiatique » dirigée contre sa collègue de parti, à l’approche des échéances électorales. Selon lui, certains acteurs trompent l’opinion publique en relayant ce qu’il appelle des « contrevérités ».
Un plan d’aménagement datant de 2017
Samir Goudar a affirmé que les accusations selon lesquelles El Mansouri aurait obtenu des autorisations grâce à sa position gouvernementale sont infondées. Il a précisé que le plan d’aménagement de la commune de Tassoultante a été approuvé en 2017, à une époque où El Mansouri n’occupait ni un poste ministériel ni la mairie de Marrakech.
Le responsable du PAM a rappelé que l’élaboration d’un plan d’aménagement passe par plusieurs étapes, notamment une enquête publique. Celle-ci permet aux citoyens de déposer des observations ou des recours. Le document a ensuite été publié au Bulletin officiel et rendu accessible au public, ce qui exclut, selon lui, tout traitement privilégié en faveur d’une personne particulière.
Le statut foncier du terrain contesté
Le dirigeant du PAM a également précisé que le terrain litigieux est immatriculé. Il a été acquis en 1977 par le défunt bâtonnier Abderrahmane El Mansouri, père de Fatima Ezzahra El Mansouri, auprès d’un particulier. Il a démenti les affirmations contradictoires selon lesquelles le terrain appartiendrait à l’État, relèverait du domaine makhzenien ou serait une terre collective.
Concernant les accusations selon lesquelles la ministre aurait utilisé son influence pour transformer un terrain agricole de 66 hectares en zone destinée à des villas, Samir Goudar a indiqué que le plan d’aménagement couvre une superficie totale de 8 700 hectares. Il a ajouté que certaines parcelles appartenant à la ministre et à sa famille conservent toujours leur vocation agricole.
Selon lui, si El Mansouri avait réellement cherché à favoriser ses intérêts, elle aurait fait intégrer l’ensemble de ses terres agricoles dans les zones urbanisables du même plan. Il a affirmé que les terrains agricoles de Tassoultante reclassés en zones constructibles représentent environ 5 800 hectares, tandis que la famille El Mansouri ne possède que 66 hectares, soit environ 0,5 % de la superficie concernée.
Un changement de vocation sans modification automatique du statut foncier
Le responsable au sein du PAM a également expliqué que le changement de vocation urbanistique d’un terrain ne modifie pas automatiquement son statut foncier d’origine. Le propriétaire peut continuer à l’exploiter à des fins agricoles s’il le souhaite. Il a rappelé que la mise à jour des titres fonciers auprès de la conservation foncière n’intervient qu’après la réalisation effective des constructions.
Samir Goudar a poursuivi la défense de sa collègue en estimant que plus de 600 projets ont été autorisés dans la zone de Tassoultante, et pas uniquement celui attribué à la famille de la présidente du Conseil communal de Marrakech. Il a par ailleurs démenti que l’ancien directeur de l’agence urbaine aurait refusé ce projet, affirmant que celui-ci n’avait même pas été déposé à l’époque concernée.
Enfin, il a estimé que la campagne menée contre Fatima Ezzahra El Mansouri et le Parti Authenticité et Modernité ne produira pas les effets escomptés. S’adressant à ses détracteurs, il a déclaré : « Soyez rassurés, El Mansouri n’est pas seulement la fille de personnes vertueuses ; elle est elle-même vertueuse et issue d’une famille vertueuse. »
Prochaines étapes
Le parti n’a pas annoncé de mesures juridiques immédiates, mais la sortie médiatique de Samir Goudar vise à clarifier la position officielle du PAM. L’affaire pourrait connaître des développements supplémentaires, notamment si des plaintes sont déposées ou si des enquêtes administratives sont ouvertes. Les observateurs politiques suivront de près l’évolution de ce dossier à l’approche des prochaines échéances électorales.
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