Le Conseil de la concurrence a publié, ce mardi 8 avril 2025, une note d’analyse sur l’évolution des prix du gasoil et de l’essence au Maroc, en regard des cours internationaux. Ce document met en lumière les mécanismes de répercussion des fluctuations mondiales sur les tarifs à la pompe dans le Royaume.
L’étude, qui couvre la période allant de janvier 2024 à mars 2025, indique que les écarts entre les prix pratiqués au Maroc et les références internationales sont restés limités. Selon l’autorité de régulation, ces différences s’expliquent principalement par les délais de transmission des variations des cours, les coûts logistiques et les marges des opérateurs.
Une transmission progressive des variations
Le Conseil de la concurrence précise que les variations à la hausse ou à la baisse des prix du pétrole brut sur le marché international ne se reflètent pas instantanément sur les prix à la pompe. Il faut en moyenne deux à trois semaines pour que les ajustements soient appliqués par les distributeurs marocains.
Cette lenteur relative est due aux contrats d’approvisionnement, aux stocks disponibles et aux mécanismes de fixation des prix définis par la régulation en vigueur. La note souligne que ce décalage temporel réduit l’impact immédiat des chocs pétroliers sur les consommateurs, mais peut aussi atténuer les baisses rapides des cours.
Comparaison avec les marchés de référence
Le document compare les prix marocains à ceux pratiqués sur les marchés de référence, notamment le pétrole brut Brent et les cotations des produits raffinés sur le marché européen. Il en ressort que le prix du gasoil au Maroc est en moyenne 2 à 3 % supérieur au prix de parité internationale, tandis que celui de l’essence affiche un écart de l’ordre de 1 à 2 %.
Ces écarts sont jugés « acceptables » par le Conseil, compte tenu des frais de transport, de stockage et de distribution propres au marché marocain. L’autorité précise toutefois que des disparités subsistent entre les régions du pays, en raison des coûts logistiques variables.
Stabilité relative depuis le début de l’année 2025
Depuis janvier 2025, les prix des carburants au Maroc sont restés relativement stables, malgré une légère hausse des cours internationaux. Le gasoil s’échangeait à 12,50 dirhams le litre en moyenne, contre 13,20 dirhams pour l’essence, soit un écart de 0,70 dirham par litre.
Cette stabilité résulte, selon le Conseil, de la politique de décompensation partielle mise en œuvre par le gouvernement, qui permet aux distributeurs d’ajuster leurs prix en fonction des coûts réels, sans subvention directe de l’État. La note indique que le mécanisme actuel offre une certaine prévisibilité aux consommateurs, tout en évitant des hausses brutales.
Pistes d’amélioration et perspectives
Le Conseil de la concurrence recommande de renforcer la transparence sur les marges des opérateurs, afin de permettre un meilleur suivi de la répercussion des baisses de cours. Il suggère également d’améliorer la fluidité des approvisionnements pour réduire les délais de transmission des variations.
Pour les semaines à venir, les experts anticipent une poursuite de la stabilité des prix, à condition que les cours internationaux n’enregistrent pas de chocs majeurs. La prochaine note du Conseil, attendue en juillet 2025, devrait fournir une mise à jour détaillée de la situation, en intégrant les éventuels ajustements réglementaires.
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