Rabat, Maroc — Une coalition regroupant plusieurs associations professionnelles de l’industrie des compléments alimentaires a officiellement demandé le retrait d’une modification réglementaire qui, selon elle, accorderait un monopole de distribution aux pharmacies. Ce projet, en discussion au sein des instances compétentes, suscite des inquiétudes quant à une hausse significative des prix pour les consommateurs marocains.
Les professionnels estiment que la mesure, si elle était adoptée, limiterait la vente des compléments alimentaires aux seules officines pharmaceutiques, éliminant ainsi les circuits de distribution actuels tels que les magasins spécialisés, les parapharmacies et les plateformes de vente en ligne. Selon un communiqué commun publié le 12 mars 2025, les associations craignent que cette concentration de l’offre n’entraîne une augmentation des coûts pour le consommateur final.
Contexte réglementaire
La proposition de modification vise à réviser le cadre juridique encadrant la commercialisation des compléments alimentaires au Maroc. Les autorités sanitaires justifient cette initiative par un besoin de renforcer le contrôle qualité et la sécurité des produits mis sur le marché. Cependant, les professionnels du secteur estiment que les dispositions actuelles offrent déjà des garanties suffisantes.
Les associations professionnelles, qui représentent des producteurs locaux et des distributeurs, font valoir qu’un monopole pharmaceutique irait à l’encontre des pratiques internationales. Dans plusieurs pays, les compléments alimentaires sont disponibles dans des circuits diversifiés, sous réserve du respect des normes de sécurité et d’étiquetage.
Réactions du secteur
Les acteurs économiques concernés soulignent que le marché marocain des compléments alimentaires est en pleine croissance, porté par une demande accrue pour les produits de bien-être et de nutrition. Une restriction de l’accès aux points de vente pourrait freiner cette dynamique et pénaliser les petits producteurs artisanaux.
Plusieurs voix s’élèvent également pour dénoncer l’absence de concertation préalable avec les parties prenantes avant l’élaboration du texte réglementaire. Les associations demandent une table ronde avec le ministère de la Santé et les représentants des professionnels afin de trouver un équilibre entre les objectifs de santé publique et les impératifs économiques.
Implications pour les consommateurs
Si la modification était adoptée en l’état, les consommateurs pourraient voir le prix des compléments alimentaires augmenter de l’ordre de 20 à 30 pour cent, selon les premières estimations des professionnels. Cette hausse s’expliquerait par la marge supplémentaire appliquée en pharmacie ainsi que par la réduction de la concurrence.
Les associations mettent en garde contre un risque de développement d’un marché parallèle non contrôlé, les consommateurs cherchant des alternatives moins coûteuses en dehors des circuits légaux. Ce phénomène pourrait compromettre les objectifs de sécurité sanitaire poursuivis par la réglementation.
Le calendrier d’adoption de la modification réglementaire n’a pas encore été communiqué officiellement. Les professionnels espèrent que leurs arguments seront entendus avant toute décision définitive. Une réunion de conciliation est envisagée dans les prochaines semaines entre les représentants du secteur et les autorités compétentes.
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