Le Maroc intensifie ses efforts pour renforcer l’intégration aérienne en Afrique. À l’occasion de la première édition de la Convention et Exposition africaines du transport aérien (AFCA), qui se tient à Marrakech, le Royaume a réaffirmé son ambition de devenir un hub régional de premier plan pour le transport aérien continental.
L’événement, organisé sous le haut patronage du roi Mohammed VI, rassemble des décideurs politiques, des représentants d’autorités de l’aviation civile, des compagnies aériennes et des experts internationaux. Il vise à favoriser la coopération entre les acteurs africains du secteur.
Un rôle de hub régional pour le Maroc
Le royaume cherche à faciliter les liaisons aériennes directes entre les capitales africaines, actuellement souvent contraintes à des escales longues et coûteuses en Europe ou au Moyen-Orient. Avec une flotte moderne et un réseau déjà étendu, Royal Air Maroc (RAM) est au cœur de cette stratégie.
Selon les données fournies par les organisateurs, le Maroc ambitionne de relier plus de 40 destinations africaines d’ici 2025. Cette expansion vise à réduire les temps de trajet et à stimuler les échanges économiques intra-africains.
Les obstacles à l’intégration aérienne africaine
Malgré des progrès notables, l’intégration aérienne du continent reste entravée par plusieurs défis. Parmi eux figurent la fragmentation des réglementations nationales, les droits de trafic restrictifs et les taxes élevées sur le transport aérien.
Le Commissaire aux Infrastructures et à l’Énergie de l’Union africaine, présent à l’événement, a souligné que la libéralisation des cieux africains, conformément à la Décision de Yamoussoukro de 1999, demeure un objectif prioritaire mais lent à se concrétiser. Moins de 20 % des pays africains ont mis en œuvre les accords de ciel ouvert.
Le ministre marocain du Transport et de la Logistique a pour sa part insisté sur la nécessité d’harmoniser les normes de sécurité et de sûreté, afin de garantir une concurrence équitable entre compagnies nationales et privées.
Implications pour les passagers et l’économie
Pour les voyageurs marocains et africains, une meilleure intégration aérienne se traduirait par des vols plus directs, des tarifs plus compétitifs et une réduction du temps de transit. L’Office national des aéroports (ONDA) prévoit d’ailleurs une augmentation de 15 % du trafic passagers à l’aéroport Mohammed V de Casablanca d’ici 2026, grâce à ces nouvelles liaisons.
Sur le plan économique, l’intégration aérienne faciliterait les échanges commerciaux, le tourisme et les investissements. Le secteur du transport aérien représente actuellement environ 2 % du PIB continental, mais pourrait doubler avec la levée des barrières actuelles.
Des initiatives concrètes en cours
Lors de la convention, plusieurs partenariats ont été annoncés. Notamment, un accord de coopération technique entre l’Autorité marocaine de l’aviation civile et ses homologues de cinq pays africains pour la formation et la certification du personnel aéronautique.
Par ailleurs, un mémorandum d’entente a été signé entre Royal Air Maroc et deux compagnies régionales ouest-africaines pour le partage de codes et la création de hubs secondaires dans la région.
Ces accords s’inscrivent dans le cadre de la stratégie nationale de développement du transport aérien du Maroc, qui prévoit un investissement de 1,5 milliard de dirhams dans l’infrastructure aéroportuaire d’ici 2028.
En conclusion, la participation marocaine à l’AFCA marque une étape supplémentaire dans l’accélération de l’intégration aérienne africaine. Les autorités prévoient de soumettre un plan d’action conjoint lors de la prochaine assemblée générale de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), attendue en novembre 2025. La mise en œuvre de ces mesures devrait être évaluée lors d’une conférence de suivi prévue à Rabat en 2026.
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