Rabat, Maroc – Le déficit commercial du Maroc a connu une aggravation significative au cours des cinq premiers mois de l’année 2026. Selon les données publiées par l’Office des Changes, le solde négatif des échanges de biens a atteint 159,07 milliards de dirhams à fin mai. Ce montant représente une hausse de plus de 20 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Cette détérioration du déficit commercial s’explique principalement par une progression plus rapide des importations que des exportations. Les importations ont augmenté de 18,5 % pour s’établir à 402,3 milliards de dirhams, tandis que les exportations n’ont progressé que de 12,3 %, atteignant 243,2 milliards de dirhams.
Les secteurs les plus touchés
L’analyse sectorielle montre que les produits énergétiques ont contribué de manière notable à ce déséquilibre. Les achats de combustibles et de lubrifiants ont bondi de 22 %, en raison de la hausse des cours mondiaux du pétrole et du gaz. De même, les importations de biens d’équipement et de produits alimentaires ont également augmenté, reflétant une demande intérieure soutenue.
Du côté des exportations, les ventes de phosphates et de dérivés ont augmenté de 15 %, mais cette performance n’a pas suffi à compenser la facture énergétique plus lourde. Les secteurs automobile et aéronautique ont également enregistré des progressions modestes, respectivement de 8 % et 6 %.
Conséquences pour l’économie marocaine
Ce creusement du déficit commercial pèse sur la balance des paiements et pourrait exercer une pression sur les réserves de change du royaume. Les analystes estiment que cette tendance pourrait limiter la marge de manœuvre de la Banque centrale en matière de politique monétaire. Par ailleurs, la facture énergétique plus élevée accroît le coût des importations pour les entreprises et les ménages.
L’Office des Changes précise que le taux de couverture des importations par les exportations s’est établi à 60,5 %, contre 63,2 % un an plus tôt. Ce recul indique une dépendance accrue aux approvisionnements extérieurs, notamment en énergie et en biens intermédiaires.
Perspectives pour les mois à venir
Les autorités marocaines misent sur le développement des exportations industrielles et agricoles pour réduire le déficit à moyen terme. L’Office des Changes prévoit que les échanges commerciaux pourraient se stabiliser au second semestre 2026, sous réserve d’une accalmie sur les marchés énergétiques. Les prochaines statistiques mensuelles permettront de confirmer ou d’infirmer cette tendance.
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