L’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) a franchi une étape décisive dans la réforme du secteur électrique marocain. L’institution vient de retenir le cabinet Deloitte Finance comme prestataire pour l’accompagner dans la refonte du système tarifaire de l’électricité. Cette décision, annoncée dans le cadre d’un appel d’offres, marque le début d’un chantier technique dont l’impact devrait se faire sentir à moyen terme sur les prix et l’organisation du marché.
La mission confiée à Deloitte Finance porte sur l’élaboration d’une nouvelle méthodologie de calcul des tarifs d’utilisation des réseaux publics de transport et de distribution d’électricité. Ces tarifs, qui représentent une part significative de la facture des consommateurs finaux, sont aujourd’hui fixés par l’État selon des critères historiques. La réforme vise à les rendre plus transparents et à mieux refléter les coûts réels du service.
Un chantier discret aux implications majeures
Bien que peu médiatisée, cette réforme est considérée comme structurante pour l’avenir du secteur électrique marocain. Elle intervient dans un contexte de transition énergétique accélérée, avec l’intégration croissante des énergies renouvelables et l’ouverture progressive du marché à la concurrence. L’ANRE, créée en 2019, a pour mission de garantir un accès équitable et non discriminatoire aux réseaux électriques.
Le choix de Deloitte Finance, filiale du géant international de l’audit et du conseil, n’est pas anodin. Le cabinet dispose d’une expertise reconnue dans la régulation des industries de réseau, en particulier dans le secteur de l’énergie. Il a notamment travaillé sur des projets similaires en Europe et en Afrique. Selon des sources proches du dossier, le contrat prévoit une durée de douze mois pour la phase d’étude et de conception.
Les objectifs affichés par l’ANRE
L’Autorité nationale de régulation de l’électricité justifie cette démarche par la nécessité de moderniser le cadre tarifaire actuel. Ce dernier, bien qu’ayant permis un accès généralisé à l’électricité, ne prend pas suffisamment en compte les évolutions technologiques et les nouveaux usages. La réforme devrait ainsi permettre une meilleure signalisation des coûts, favoriser l’efficacité énergétique et préparer le terrain pour l’arrivée de nouveaux acteurs.
Dans le détail, les travaux porteront sur la définition des coûts de réseaux par niveau de tension, l’élaboration de règles de péréquation entre les différentes catégories de consommateurs, et la mise en place d’incitations pour les opérateurs à investir dans la qualité de service. Deloitte Finance devra également proposer un mécanisme de révision périodique des tarifs, garantissant leur adaptation aux conditions économiques et techniques.
Un calendrier encore à préciser
Pour l’instant, l’ANRE n’a pas communiqué de calendrier précis pour la mise en œuvre de la nouvelle grille tarifaire. Les experts estiment que les premières recommandations pourraient être présentées au gouvernement d’ici la fin de l’année 2025. Une phase de consultation publique sera ensuite nécessaire avant toute modification réglementaire. La réforme devrait s’appliquer progressivement, sans rupture brutale pour les ménages et les entreprises.
Les consommateurs marocains, qui supportent des tarifs d’électricité parmi les plus élevés du Maghreb, suivront de près cette évolution. L’enjeu est double : garantir la viabilité financière du secteur tout en préservant le pouvoir d’achat des foyers. L’ANRE s’est engagée à associer l’ensemble des parties prenantes dans le processus, y compris les associations de consommateurs et les collectivités locales.
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