Les rendements des céréales et des légumineuses au Maroc connaissent une progression notable grâce à l’adoption d’itinéraires techniques optimisés dans le cadre du programme Al Moutmir, ont indiqué des responsables agricoles.
Après plusieurs campagnes consécutives marquées par une sécheresse sévère, le retour de conditions climatiques plus favorables a permis de mesurer l’impact concret de ces pratiques innovantes sur la productivité des exploitations.
Des résultats mesurés sur le terrain
Les données recueillies lors de la dernière campagne agricole montrent que les parcelles ayant bénéficié des itinéraires techniques recommandés par Al Moutmir affichent des gains de rendement significatifs par rapport aux parcelles cultivées selon les méthodes traditionnelles.
Pour les céréales, notamment le blé tendre et le blé dur, les augmentations oscillent entre 15 % et 30 % selon les régions et les variétés utilisées. Les légumineuses, comme les lentilles et les pois chiches, enregistrent des hausses comprises entre 10 % et 25 %.
Ces performances sont attribuées à une meilleure gestion de la fertilisation, un choix raisonné des semences adaptées aux conditions locales, et un calendrier d’irrigation optimisé.
Une approche fondée sur l’accompagnement technique
Al Moutmir est un programme de conseil agricole déployé par l’Office chérifien des phosphates (OCP) en partenariat avec les instituts de recherche et les services de vulgarisation agricole.
Son objectif principal est de diffuser des bonnes pratiques agronomiques auprès des petits et moyens agriculteurs marocains, en mettant l’accent sur l’amélioration de la productivité et la durabilité des systèmes de culture.
Les agriculteurs participants reçoivent un suivi personnalisé tout au long du cycle de culture, incluant des analyses de sol, des recommandations de fertilisation ajustées, et des conseils sur la gestion de l’eau et des ravageurs.
Un contexte climatique favorable mais toujours fragile
La campagne 2023-2024 a bénéficié de précipitations plus régulières que les années précédentes, ce qui a permis de mieux valoriser les apports techniques du programme. Cependant, les experts rappellent que la variabilité climatique reste un défi majeur pour l’agriculture marocaine.
Les itinéraires techniques optimisés intègrent donc des stratégies d’adaptation, comme le recours à des variétés résistantes à la sécheresse et l’amélioration de l’efficience d’utilisation de l’eau.
Perspectives pour les prochaines campagnes
Les responsables du programme Al Moutmir prévoient d’étendre la couverture géographique des parcelles de démonstration et de renforcer la formation des agriculteurs sur les techniques de conservation des sols et de gestion intégrée des nutriments.
Des évaluations complémentaires sont en cours pour quantifier l’impact économique et environnemental des itinéraires optimisés à plus grande échelle, en vue de formuler des recommandations pour les politiques agricoles nationales.
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