Les industriels marocains du secteur de la plasturgie estiment que la réglementation nationale en matière de recyclage du plastique reste en deçà de leurs attentes, a déclaré Nabil Saouaf, président de la Fédération de la plasturgie, lors d’une conférence de presse tenue le 12 mars 2025 à Casablanca. Selon lui, le cadre juridique actuel ne répond pas aux besoins de compétitivité et de durabilité de la filière, alors que le Maroc s’engage dans une transition vers une économie circulaire.
Contexte et insuffisances du cadre actuel
La réglementation marocaine relative au recyclage des déchets plastiques, bien qu’en évolution, présente encore des lacunes, notamment en ce qui concerne les incitations économiques et les obligations de tri. Nabil Saouaf a souligné que les industriels réclament des mesures plus contraignantes pour les producteurs de déchets et un meilleur accès aux matières premières recyclées.
Le représentant de la fédération a précisé que le manque d’harmonisation entre les textes et l’absence de normes claires freinent les investissements dans les technologies de recyclage. Il a cité l’exemple de la directive européenne sur les emballages, qui impose des taux de recyclage élevés, alors que le Maroc ne dispose pas encore d’objectifs chiffrés contraignants à l’échelle nationale.
Les attentes des industriels
Les professionnels du secteur demandent notamment la mise en place d’un système de responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les déchets plastiques, ainsi que des allègements fiscaux pour les entreprises utilisant des matières recyclées. Ils plaident également pour un meilleur contrôle des importations de déchets plastiques, qui concurrencent parfois la collecte locale.
Selon Nabil Saouaf, une réglementation plus stricte permettrait de créer un marché du recyclé plus dynamique et de réduire la dépendance du Maroc aux importations de plastique vierge. Il a rappelé que la capacité nationale de recyclage du plastique est actuellement estimée à environ 200 000 tonnes par an, mais que le potentiel est bien supérieur.
Les enjeux économiques et environnementaux
Le secteur de la plasturgie représente environ 1 200 entreprises au Maroc et emploie près de 60 000 personnes. L’amélioration de la réglementation sur le recyclage est perçue comme un levier essentiel pour la compétitivité de la filière, mais aussi pour la réduction de la pollution plastique dans le pays.
Les industriels estiment qu’un cadre juridique plus ambitieux pourrait stimuler l’innovation et attirer des investissements étrangers dans les infrastructures de recyclage. Ils rappellent que le Maroc s’est engagé à réduire de 25 % sa consommation de sacs plastiques d’ici 2030, mais que les progrès restent insuffisants sans un accompagnement réglementaire fort.
Perspectives d’évolution
Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable a annoncé en février 2025 l’élaboration d’un nouveau projet de loi sur la gestion des déchets, qui devrait intégrer des dispositions renforcées pour le recyclage des plastiques. Les industriels espèrent que ce texte répondra à leurs préoccupations, notamment en matière de fiscalité et de normalisation.
Nabil Saouaf a indiqué que la fédération prévoit de soumettre une série de propositions concrètes au gouvernement dans les semaines à venir. Ces propositions porteront sur des objectifs de recyclage par type de plastique, des mécanismes de financement innovants et des mesures de soutien à la R&D dans le secteur. La publication du nouveau cadre réglementaire est attendue pour la session parlementaire de l’automne 2025.
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