L’intelligence artificielle redessine la carte mondiale de l’offshoring, et le Maroc s’impose comme un acteur clé de cette transformation. Selon le Global Outsourcing AI Readiness Index 2025, publié par le cabinet de conseil Kearney, le Royaume se classe parmi les 25 destinations les mieux préparées à intégrer l’IA dans les services externalisés. Cette étude, dévoilée le 12 mars 2025 à Casablanca, évalue 50 pays sur des critères de maturité numérique, de qualité des infrastructures et de disponibilité des talents spécialisés.
Un classement fondé sur la maturité numérique et les talents
Le Global Outsourcing AI Readiness Index mesure la capacité des pays à adopter l’intelligence artificielle dans les secteurs de l’externalisation, notamment les centres d’appels, les services informatiques et les processus métier. Le Maroc obtient un score de 68,4 sur 100, le plaçant en 23e position mondiale. Les principaux indicateurs retenus incluent le taux de pénétration d’Internet, la qualité des réseaux de télécommunication, le nombre de diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM), ainsi que la réglementation relative à la protection des données.
Le rapport souligne que le Maroc bénéficie d’une infrastructure numérique en forte progression, notamment grâce au déploiement de la fibre optique et à la couverture 5G dans les principales zones économiques. En outre, le pays compte plus de 15 000 diplômés en technologies de l’information chaque année, un vivier qui attire les investisseurs étrangers.
Une position stratégique dans un marché en mutation
L’étude de Kearney intervient dans un contexte où l’IA générative et l’automatisation des processus bouleversent les modèles traditionnels d’externalisation. Les entreprises internationales cherchent désormais des destinations capables de combiner coûts compétitifs, compétences techniques avancées et cadre juridique favorable. Le Maroc, déjà reconnu comme un hub pour les centres de contact en langue française, étend son offre aux services à forte valeur ajoutée, comme l’analyse de données, la cybersécurité et le développement de logiciels basés sur l’IA.
Selon les auteurs du rapport, le Maroc se distingue particulièrement par son environnement réglementaire. La loi 09-08 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel, ainsi que la stratégie nationale Maroc Digital 2030, créent un cadre rassurant pour les donneurs d’ordre européens et nord-américains.
Des défis à relever pour conforter la position
Malgré ces atouts, le classement identifie plusieurs axes d’amélioration. Le Maroc doit encore renforcer la spécialisation de sa main-d’œuvre dans l’IA avancée, notamment en apprentissage automatique et en traitement du langage naturel. Le rapport note également un besoin d’accélération de la transformation numérique des PME marocaines, qui représentent 95 % du tissu économique mais n’ont pas toutes intégré l’IA dans leurs processus.
En comparaison, les premiers du classement – Inde, États-Unis et Philippines – affichent des scores supérieurs à 85, grâce à des écosystèmes technologiques plus matures et à des volumes de talents plus importants. Le Maroc se situe toutefois devant d’autres pays africains comme le Kenya (29e) et l’Égypte (31e), confirmant son leadership régional.
Le ministère marocain de la Transition numérique a réagi favorablement à cette publication, indiquant que ces résultats confortent les orientations du plan Maroc Digital 2030. Un porte-parole a déclaré que des investissements supplémentaires dans les centres d’excellence en IA et dans la formation continue seront annoncés dans les prochains mois.
Le Global Outsourcing AI Readiness Index 2025 sert de référence pour les entreprises internationales qui planifient leurs stratégies d’externalisation. La prochaine mise à jour de l’indice est attendue en mars 2026, avec une évaluation des progrès réalisés par chaque pays dans la préparation à l’IA.
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