Le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé mardi que l’Allemagne ferait « payer leurs actes » aux auteurs d’attaques hybrides, après la révélation par la presse de l’utilisation de plusieurs drones lors de la tentative présumée d’attentat contre l’aéroport de Leipzig début août. Cette déclaration intervient alors que le pays fait face à une recrudescence de menaces de ce type, attribuées à la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine.
Lors d’un séminaire gouvernemental à Neuhardenberg, près de Berlin, Friedrich Merz a souligné que l’Allemagne « est davantage entrée dans le viseur d’attaques hybrides », sans toutefois désigner de responsables présumés. Ces attaques hybrides désignent des tentatives de sabotage, de désinformation et d’espionnage, en hausse sur le sol allemand.
Une opération plus étendue que prévu
Selon les informations du Süddeutsche Zeitung et des médias publics NDR et WDR, l’incident de Leipzig pourrait avoir été d’une ampleur bien plus importante que ce qui avait été initialement connu. Début août, un drone chargé d’explosifs avait été découvert dans la zone sécurisée de fret de l’aéroport, à proximité d’avions-cargos ukrainiens. Un deuxième engin aurait heurté un avion-cargo de DHL quelques minutes après.
Les médias, citant des sources proches des autorités, ont également rapporté qu’un troisième drone avait été retrouvé dix jours plus tard dans un champ à Kabelsketal, à l’ouest de l’aéroport. Une substance pouvant correspondre à environ 50 grammes d’hexogène, un explosif militaire très puissant, a été découverte sur place. L’Agence France-Presse a sollicité les autorités allemandes, qui n’ont pas répondu dans l’immédiat.
Le rôle stratégique de Leipzig
L’aéroport de Leipzig est considéré comme un point de transit majeur pour les livraisons d’aide militaire à l’Ukraine. Cette importance stratégique explique que l’Allemagne soit devenue une cible prioritaire pour les acteurs hostiles, selon plusieurs analystes. Friedrich Merz a réaffirmé mardi que Berlin maintiendrait son soutien à Kiev « sur le long terme », en précisant que l’objectif était de favoriser l’ouverture de négociations de paix et non de prolonger le conflit.
Enquête et perspectives
Les autorités allemandes travaillent « intensivement » avec les services de sécurité sur cette enquête, a indiqué le chancelier, ajoutant que les conclusions seraient présentées prochainement. Reste une inconnue de taille : l’identité des responsables de l’incident de Leipzig reste à établir.
Cette affaire illustre la montée des tensions sécuritaires en Europe, notamment pour les infrastructures critiques. Berlin devrait continuer à renforcer ses mesures de protection et de surveillance, tandis que l’enquête se poursuit pour déterminer l’origine exacte de ces drones.
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