Lors de la cérémonie religieuse marquant la nuit du Mawlid Annabaoui, présidée par le roi Mohammed VI au Palais royal de Rabat, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a présenté, lundi 24 août, le rapport annuel sur les activités du Conseil supérieur des oulémas et des conseils locaux. Dans son discours, il a évoqué la ville de Sebta, toujours sous occupation espagnole, et le rôle de cette cité dans l’héritage religieux marocain.
Le ministre a souligné que l’attachement des Marocains à la tradition prophétique repose sur deux dimensions complémentaires, l’une politique et l’autre affective. Sur le plan politique, il a rappelé que les Marocains confient leur « Imamat suprême aux Chorfas, descendants du Prophète » à travers le pacte de la Bay’a. Ce mécanisme vise, selon lui, à préserver l’intégrité territoriale du Royaume, à maintenir les constantes nationales et à garantir un arbitrage équitable entre les différentes composantes de la communauté.
Abordant la dimension affective, Ahmed Toufiq a mis en avant la place particulière qu’occupent dans la mémoire religieuse marocaine les œuvres consacrées au Prophète. Il a cité notamment Achifa, du cadi Ayyad, et Ad-Durr Al-Mounaddham, d’Al-Azafi, en précisant que ces deux savants étaient originaires de Sebta. Cette référence, inscrite dans un exposé sur le patrimoine religieux du Royaume, intervient dans un contexte diplomatique marqué par des tensions entre le Maroc et l’Espagne, après la récente vague migratoire vers l’enclave de Sebta qui a conduit des dizaines de milliers de migrants à tenter d’y entrer.
Un héritage religieux mobilisateur
Le ministre a également évoqué l’ouvrage Dala’il Al-Khayrat, de l’imam Al-Jazouli, qu’il a présenté comme un symbole de la mobilisation des Marocains « pour la libération des villes occupées sur la façade atlantique au début de l’époque moderne ». Cette mention, qui s’inscrit dans le cadre du rapport sur l’activité des conseils des oulémas, intervient alors que le Maroc réaffirme régulièrement son attachement à ses territoires, y compris les enclaves de Sebta et Melilla.
La cérémonie religieuse, qui a réuni le roi Mohammed VI, le prince héritier Moulay El Hassan, le prince Moulay Rachid et le prince Moulay Ahmed, a été marquée par la récitation de versets du Coran et des chants de louange en l’honneur du Prophète.
Publication d’un ouvrage sur la prière sur le Prophète
Au cours de cette célébration, Ahmed Toufiq a remis au souverain un exemplaire de l’ouvrage « Dakhirat Al-Mouhtaj fi Assalat Ala Sahib Al-Liwa’ wa At-Taj », édité et publié par le ministère des Habous et des Affaires islamiques. Ce livre a été réalisé à partir de dizaines de manuscrits conservés dans des bibliothèques royales, publiques et privées, au Maroc et à l’étranger.
Le ministre a précisé que cette publication répond aux orientations du roi Mohammed VI, qui, dans un message adressé l’année dernière au Conseil supérieur des oulémas, avait appelé à commémorer le quinzième centenaire lunaire de la naissance du Prophète. Ce programme prévoit notamment la publication d’ouvrages du patrimoine marocain consacrés à la prière sur le Prophète, afin de mettre en valeur la contribution des savants marocains dans ce domaine.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de valorisation du patrimoine religieux national, alors que le Maroc entend réaffirmer son rôle de référence en matière d’islam modéré et de tradition prophétique.
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