À quelques semaines des élections législatives prévues le 23 septembre, la circonscription de Marrakech-Médina–Sidi Youssef Ben Ali s’impose comme un terrain d’observation majeur des dynamiques électorales marocaines. Ce territoire, qui couvre la médina historique, l’arrondissement de Sidi Youssef Ben Ali et l’extension urbaine de Tassoultante, concentre des réalités sociales et économiques contrastées. Il constitue un espace politique disputé, où les rapports de force ont connu des bouleversements significatifs entre 2016 et 2021.
Le scrutin de 2021 : basculement vers une représentation multipartite
Lors des élections législatives du 8 septembre 2021, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) est arrivé en tête avec 16 136 voix. Sa liste a obtenu un siège, attribué à Fatima-Zahra El Mansouri, qui a ensuite accédé à la coordination de la direction collégiale du parti. Le Parti de l’Istiqlal a occupé la deuxième place avec 11 361 suffrages, remportant un siège par l’intermédiaire d’Abdelaziz Derouich. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), alors membre de la majorité gouvernementale, s’est classé troisième avec 8 753 voix, décrochant le troisième siège grâce à Younes Benslimane.
Cette répartition équilibrée entre trois formations politiques de la majorité a marqué une rupture nette avec le scrutin de 2016. Le Parti de la justice et du développement (PJD), qui dominait alors la circonscription, s’est retrouvé pour la première fois exclu de la représentation parlementaire locale.
2016 : la domination du PJD
En 2016, le PJD avait largement remporté la circonscription avec 25 871 voix, obtenant deux sièges sur trois grâce à Younes Benslimane et Bachir Touba. Le PAM, mené par Fatima-Zahra El Mansouri, avait recueilli 14 713 suffrages et décroché le troisième siège. Cette configuration faisait écho à la position du PJD à l’échelle de la préfecture de Marrakech, où il avait remporté cinq des neuf sièges en jeu.
La séquence électorale de 2021 a toutefois rebattu les cartes. Le PJD a vu son score chuter spectaculairement, passant de 25 871 voix à un résultat ne lui permettant de conserver aucun siège. Son chef de file local, Mohamed Larbi Belcaïd, n’a obtenu que 1 723 suffrages. En parallèle, l’Istiqlal et le RNI ont fait leur entrée à la Chambre des représentants, tandis que le PAM a maintenu sa présence parlementaire.
Les investitures pour 2026 : continuité et nouvelles figures
À l’approche des élections de 2026, les premières annonces d’investitures dessinent les contours de la compétition. Le PAM a choisi de reconduire Fatima-Zahra El Mansouri, figure politique majeure de Marrakech, qui avait conduit la liste du parti en 2021. Le RNI a investi Saïd El Kourch, qui se présente dans cette circonscription après des expériences électorales dans d’autres territoires. L’Istiqlal mise sur la continuité en présentant Abdelaziz Derouich, élu sortant.
D’autres formations politiques ont également annoncé leurs candidats. L’Union socialiste des forces populaires (USFP) a investi Lahcen Zelmat, personnalité du secteur hôtelier et touristique de Marrakech. Le Mouvement populaire a désigné Abdelsadek Bittari, enseignant et président de la Fédération royale marocaine de gymnastique. Le Parti de la justice et du développement n’a pas encore communiqué sur ses candidatures.
La circonscription de Marrakech-Médina–Sidi Youssef Ben Ali demeure ainsi un espace stratégique pour les partis politiques, dans un contexte de recomposition des alliances et de renouvellement des figures locales. Les résultats de ce scrutin, prévu pour le 23 septembre, pourraient confirmer ou modifier les équilibres établis depuis 2021.
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