Le Parti authenticité et modernité (PAM) a officiellement réagi aux déclarations de son membre du bureau politique, Fouzi Lekjaa, prononcées jeudi lors d’une rencontre avec les cadres et militants du parti à Ouled Nasser, dans la province de Fquih Ben Salah. Le ministre délégué chargé du Budget avait qualifié de « véritables terroristes » les personnes ayant transformé la joie de l’Aïd en source d’inquiétude pour les familles marocaines en raison de la hausse des prix de la viande.
Dans une déclaration à Hespress, un responsable des instances dirigeantes du PAM a estimé que Fouzi Lekjaa avait exprimé « une position politique forte, qui doit être lue comme émanant d’une personne au fait de la gestion gouvernementale tout au long de ce mandat ». Cette sortie intervient alors que le dossier du soutien à l’importation du cheptel, dit « farrakchia », suscite de vives critiques au sein même de la coalition gouvernementale.
Un contexte politique sensible
Les propos de Fouzi Lekjaa répondent indirectement à une déclaration audio attribuée à Rachid Talbi Alami, membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI), qui l’accusait de « pratiquer l’intimidation et l’incitation » envers les militants du parti de la colombe. Le RNI, qui dirige la coalition gouvernementale, détient également les ministères de l’Économie et des Finances ainsi que de l’Agriculture, de la Pêche maritime, tous impliqués dans la gestion du dossier du cheptel.
Le responsable du PAM a tenu à contextualiser la position de Fouzi Lekjaa en rappelant que « la présidence du gouvernement revenait au RNI, tout comme les ministères clés ». Il a ajouté que le ministre délégué « travaillait au sein d’un dispositif gouvernemental relevant principalement du parti qui dirige la coalition », tout en précisant que « Lekjaa n’est pas nécessairement convaincu par tous les choix du gouvernement, il a d’ailleurs déclaré à plusieurs reprises que le dispositif de soutien destiné au cheptel était resté sans effet ».
Des divergences assumées au sein de la majorité
Le dirigeant du deuxième parti de la majorité a souligné que « plusieurs responsables participent aux gouvernements sans y être totalement identifiés », ajoutant que « les autres membres du gouvernement étaient au courant de son opinion, exprimée lors des réunions où la question du soutien était examinée, notamment après qu’il est apparu que celui-ci n’avait produit aucun effet sur le pouvoir d’achat des Marocains ».
Interrogé sur la possibilité de dévoiler les détails du dispositif de soutien et les soupçons qui l’entourent, le responsable a rappelé que Fouzi Lekjaa n’est « pas le chef du gouvernement, mais un ministre délégué chargé du Budget, géré conformément à un programme gouvernemental approuvé par le Parlement ». Il a également affirmé que « le débat sur le pouvoir d’achat est une question qui concerne l’ensemble des Marocains », et que le PAM, « depuis sa position au sein de la majorité, a toujours eu des réserves et des débats vifs, tant au sein du gouvernement qu’au sein de l’instance de la majorité, sans aboutir à un accord, pour la simple raison que le PAM n’est pas le parti qui dirige le gouvernement ».
La récente déclaration de Fatima Zahra Mansouri, maire de Marrakech et membre du RNI, affirmant qu’elle ne serait concernée par aucune alliance future avec le PAM, ajoute une couche de tension supplémentaire au sein de la coalition. Cette déclaration, bien que non officielle, reflète les frictions persistantes entre les partis de la majorité sur des dossiers sensibles.
Dans ce climat, le gouvernement devra gérer les divergences internes tout en répondant aux attentes des citoyens, alors que le pouvoir d’achat demeure une préoccupation majeure. Les prochaines semaines pourraient être décisives pour clarifier la position du PAM et l’évolution des relations au sein de la majorité, notamment en vue des échéances électorales à venir.
Commentaires (0)
Laissez votre commentaire