Le député Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen, a annoncé dimanche que le Rassemblement national (RN) prévoit d’infliger une amende aux femmes portant le voile islamique dans l’espace public, si le parti accède au pouvoir. Cette déclaration, faite sur BFMTV, s’inscrit dans le cadre de la campagne présidentielle française.
Une mesure inscrite dans le programme présidentiel
Cette proposition figurait déjà dans les programmes des trois précédentes candidatures de Marine Le Pen à l’élection présidentielle. Toutefois, elle avait fait l’objet de discussions internes, notamment lorsqu’une éventuelle candidature de Jordan Bardella était envisagée. Selon M. Tanguy, la question a désormais été tranchée.
Le député de la Somme a justifié cette mesure en affirmant qu’elle « est soutenue par 60 % à 70 % de Françaises et de Français » qui perçoivent derrière ce symbole non pas une simple liberté vestimentaire, mais « une idéologie contraire à ce que la France a porté depuis des années ». Il a également évoqué une solidarité avec les femmes contraintes de porter le voile dans d’autres pays.
Modalités d’application évoquées
Interrogé sur les modalités pratiques, Jean-Philippe Tanguy a indiqué que les femmes contrevenantes se verraient infliger une amende, à l’image de celles appliquées aux automobilistes ne portant pas leur ceinture de sécurité. Aucun montant précis n’a toutefois été communiqué.
Réactions et attentes
Cette annonce intervient dans un contexte politique français marqué par une montée des débats sur la laïcité et les signes religieux. En France, le port du voile est déjà interdit dans les écoles, les administrations et pour les agents du service public, mais il demeure autorisé dans l’espace public.
La décision du RN suscite des réactions contrastées parmi les acteurs politiques et associatifs. Les partisans y voient une mesure de protection des valeurs républicaines, tandis que les opposants dénoncent une stigmatisation des musulmanes.
Prochaines échéances
Le Rassemblement national, qui espère remporter l’élection présidentielle de 2027, devra préciser les contours juridiques et pratiques de cette mesure si elle devait être mise en œuvre. Les observateurs s’attendent à des débats au sein du parti et à des échanges avec les partenaires européens de la France sur ce sujet sensible.
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