Législatives 2026 : Rabat-Océan, circonscription clé dans la recomposition politique

Législatives 2026 : Rabat-Océan, circonscription clé dans la recomposition politique

À moins d’un an des élections législatives de 2026, la circonscription de Rabat-Océan s’impose comme l’un des principaux enjeux électoraux au Maroc. Ce secteur, surnommé « circonscription de la mort » en raison de la férocité de la compétition, attire l’attention des observateurs politiques. Quatre sièges à la Chambre des représentants y sont en jeu, et les rapports de force historiques entre les partis y ont connu des évolutions notables lors des derniers scrutins.

Selon une analyse des résultats électoraux de 2016 et 2021, réalisée par Hespress, la circonscription de Rabat-Océan a connu une profonde recomposition politique. Cette zone, qui englobe des quartiers à forte portée sociale et politique, est considérée comme un baromètre des tendances électorales nationales.

Des trajectoires partisanes contrastées entre 2016 et 2021

Lors des élections législatives du 8 septembre 2021, le Rassemblement national des indépendants (RNI) est arrivé en tête avec 15 888 voix, suivi du Parti authenticité et modernité (PAM) avec 7 076 voix, puis du Parti de l’Istiqlal avec 4 545 voix et du Mouvement populaire avec 4 299 voix. Ces quatre formations ont obtenu les sièges à pourvoir. Le Parti de la justice et du développement (PJD) est arrivé cinquième avec 4 028 voix, suivi de la Fédération de la gauche démocratique avec 2 650 voix, de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) avec 2 446 voix, du Parti du progrès et du socialisme (PPS) avec 2 210 voix, de l’Union constitutionnelle avec 1 170 voix et du Parti socialiste unifié avec 1 160 voix.

Les sièges ont été remportés par Abderrahim Ouslam (RNI), Mohamed Mehdi Bensaid (PAM), Abdelilah Idrissi El Bouzidi (Istiqlal) et Nabil Dakhch (Mouvement populaire). De son côté, Mohamed Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS, a perdu toute chance de décrocher un siège dans cette circonscription. La Fédération de la gauche démocratique a également perdu son siège après le retrait d’Omar Balafrej de la vie politique et la candidature de Mariam Benkhouya.

En 2016, lors du scrutin du 7 octobre, le PJD avait dominé la circonscription avec 29 531 voix, obtenant deux sièges. Le PAM avait suivi avec 15 358 voix et un siège, tandis que la Fédération de la gauche démocratique avait recueilli 8 048 voix et un siège. Le RNI s’était classé quatrième avec 3 762 voix, devant le Mouvement populaire (2 722 voix), l’Istiqlal (2 629 voix), l’Union constitutionnelle (1 941 voix), l’USFP (1 109 voix) et le PPS (776 voix). Les élus de 2016 étaient Mohamed Seddiki et Abdelatif Ben Yaacoub (PJD), Abdel Fattah El Aouni (PAM) et Omar Balafrej (Fédération de la gauche démocratique).

Une recomposition spectaculaire des forces politiques

La comparaison entre les deux élections fait apparaître des évolutions majeures. Le PJD a perdu 25 503 voix, passant de 29 531 à 4 028 voix, soit le recul le plus important parmi les partis ayant participé aux deux scrutins. Cette baisse s’est traduite par la perte de ses deux sièges et sa sortie du groupe des formations gagnantes.

Le PAM a également reculé, perdant 8 282 voix, mais a conservé son siège. La Fédération de la gauche a perdu 5 398 voix, passant de 8 048 à 2 650 voix, et a perdu le siège gagné en 2016. À l’inverse, le RNI a enregistré une progression spectaculaire de 12 126 voix, passant de 3 762 à 15 888 voix, et est passé de l’extérieur des sièges à la première place. Le Mouvement populaire a gagné 1 577 voix, atteignant 4 299 voix, ce qui lui a permis de décrocher le quatrième siège. L’Istiqlal a progressé de 1 916 voix, avec 4 545 voix, et a obtenu un siège. L’USFP et le PPS ont enregistré des hausses respectives de 1 337 et 1 434 voix, sans toutefois transformer ces gains en sièges.

Cette évolution se reflète dans la répartition des sièges : en 2016, le PJD détenait deux sièges, le PAM un et la Fédération de la gauche un ; en 2021, la circonscription est passée à une répartition équilibrée entre le RNI, le PAM, l’Istiqlal et le Mouvement populaire.

Un scrutin partiel comme nouveau jalon

Les élections législatives partielles du 12 septembre 2024 constituent une étape supplémentaire dans cette dynamique. Le siège du RNI, précédemment occupé par Abderrahim Ouslam, était devenu vacant après une décision de la Cour constitutionnelle. Le scrutin partiel a été remporté par Saad Benmbarek, candidat du RNI, avec 46,42 % des voix, devant le candidat de l’USFP avec 29,67 % et celui du PAM, qui a obtenu 12,85 %.

Pour les législatives de 2026, les partis politiques devront adapter leurs stratégies à une circonscription où les équilibres sont en constante évolution. Les résultats passés indiquent une volatilité électorale significative, et les prochains mois seront décisifs pour les alliances et les investitures.

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