Enseignement supérieur : les infirmiers dénoncent la loi 59.24 et réclament son réexamen

Enseignement supérieur : les infirmiers dénoncent la loi 59.24 et réclament son réexamen

Le Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé a adressé une lettre ouverte au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation pour exprimer son opposition à la loi n°59.24 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique. L’organisation syndicale estime que ce texte, adopté par le Parlement et entré en vigueur en 2026, remet en cause le principe de gratuité de l’enseignement supérieur garanti par la Constitution.

Dans son courrier, le syndicat dénonce l’instauration de frais financiers et de conditions jugées contraignantes pour la poursuite des études universitaires. Ces mesures concerneraient directement les fonctionnaires, en particulier les infirmiers et techniciens de santé, déjà confrontés à des obstacles administratifs et professionnels limitant leur accès à la formation continue et à la promotion académique.

Une profession sous pression

Le syndicat décrit le quotidien de cette profession, marqué par les gardes de nuit, la pression psychologique et les exigences de service. Il souligne que ces nouvelles dispositions imposeraient des charges financières supplémentaires et compliqueraient l’accès aux cycles de master et de doctorat.

Selon l’organisation, ces restrictions vont à rebours des efforts d’investissement dans le capital humain, présenté comme un levier essentiel du développement national. La lettre met en garde contre un risque de compromission des acquis obtenus ces dernières années par la profession, notamment l’intégration du système Licence-Master-Doctorat (LMD) dans les instituts de formation et la reconnaissance académique du diplôme d’infirmier à l’équivalent d’une licence professionnelle.

Un accès limité à la recherche et aux études supérieures

Le syndicat estime que la limitation de l’accès aux études supérieures pourrait freiner l’émergence de compétences spécialisées nécessaires au système national de santé. Il insiste sur la situation particulière des infirmiers et techniciens de santé engagés dans un parcours universitaire, qui doivent concilier activité professionnelle, responsabilités familiales et études, contrairement aux étudiants à temps plein.

L’organisation appelle à des mesures facilitant la poursuite des études, telles que des dispositifs de soutien administratif, des incitations et des mécanismes d’accompagnement financier en faveur de la recherche et du perfectionnement des compétences. Elle estime que les nouvelles contraintes risquent de décourager les vocations académiques et de réduire la participation des professionnels de santé à la recherche scientifique.

Une opposition ferme à la « marchandisation » de l’université

En conclusion de sa lettre ouverte, le syndicat réaffirme son opposition à toute mesure qu’il assimile à une « marchandisation » de l’enseignement supérieur. Il appelle les autorités compétentes à lever les obstacles empêchant les cadres infirmiers et les techniciens de santé de poursuivre leur parcours académique et annonce son soutien à toutes les initiatives jugées légitimes pour défendre l’université publique.

Cette prise de position s’inscrit dans un débat plus large sur la réforme de l’enseignement supérieur au Maroc, qui suscite des réactions contrastées parmi les acteurs du secteur. Les prochaines semaines devraient être marquées par des échanges entre les représentants syndicaux et le ministère de tutelle, afin d’examiner les modalités d’application de la loi et les éventuelles adaptations.

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