Rassemblements contre la présence de migrants dans plus de 260 municipalités espagnoles

Rassemblements contre la présence de migrants dans plus de 260 municipalités espagnoles

Plus de 260 municipalités espagnoles ont autorisé, ce mercredi 2 septembre, des manifestations citoyennes contre la présence de migrants à Sebta, enclave espagnole occupée au nord du Maroc. Ces rassemblements, organisés à l’appel de l’initiative citoyenne « Pour Ceuta », ont eu lieu devant les mairies de nombreuses villes de la péninsule ibérique et des îles, à 20 heures locales, et à 19 heures aux îles Canaries.

L’initiative « Pour Ceuta », dont les coordinateurs ne sont pas identifiés, est née sur les réseaux sociaux après l’entrée de milliers de migrants fin juillet dans cette ville frontalière. Le mouvement a appelé à soutenir la population locale et à exiger le « retour à la normalité », sans préciser clairement ses objectifs. La Fédération espagnole des communes et des provinces (FEMP) a également relayé l’appel à se rassembler devant les mairies, selon l’agence Europa Press.

Mobilisation dans toutes les régions espagnoles

Les appels à manifester ont été lancés dans des municipalités de communautés comme l’Andalousie, l’Aragon, les Îles Baléares, les Îles Canaries, la Cantabrie, la Castille-La Manche, la Castille-et-León, la Catalogne, la Communauté valencienne, la Galice, La Rioja, Madrid, Murcie, la Navarre et le Pays basque, ainsi qu’à Sebta même. Selon Europa Press, plus de 260 communes ont officiellement autorisé ces rassemblements.

Depuis l’entrée irrégulière de plusieurs centaines de migrants, un élan de racisme décomplexé s’est emparé de l’extrême droite espagnole, entraînant des commentaires hostiles sur les réseaux sociaux et des déclarations de politiciens locaux. Des habitants de Sebta se sont attaqués aux migrants installés sur la plage, brûlant leurs effets personnels. Des heurts ont également été enregistrés entre des groupes d’habitants, des migrants et les forces de sécurité.

Réactions officielles

Un convoi humanitaire de la Croix-Rouge, composé d’un camion et de trois fourgonnettes transportant de la nourriture pour les migrants, a été bloqué par des habitants de Sebta. Vendredi 28 août, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a déclaré que « la violence n’est pas la solution », ajoutant : « J’appelle au calme et à la cessation de toute forme de violence, car la violence n’est pas une solution pour résoudre un problème aussi complexe ».

Le président du gouvernement local, Juan Vivas (Parti populaire, droite), a rejeté « avec la plus grande fermeté » tout recours à la violence, affirmant que « nul ne peut ni ne doit se faire justice soi-même », tout en jugeant « légitimes » les manifestations exigeant le retour à la normalité. Grande-Marlaska a, de son côté, accusé la droite et l’extrême droite, qui exigent le renvoi de tous les migrants, « d’inciter à la haine ».

Human Rights Watch avait dénoncé quelques jours plus tôt la situation des migrants livrés à eux-mêmes, évoquant des milliers de personnes à la rue, sous des bâches et des cartons, « dans un vide juridique ».

Prochaines étapes

Les autorités espagnoles n’ont pas annoncé de calendrier précis pour la gestion de la situation des migrants à Sebta. Le gouvernement central et les autorités locales devraient poursuivre leurs discussions sur les mesures à prendre, alors que des organisations humanitaires appellent à une prise en charge urgente des personnes concernées. Les prochains jours pourraient voir de nouvelles initiatives politiques ou sociales, en fonction de l’évolution des manifestations et des pressions exercées sur le gouvernement.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.