Protection des enfants dans les conflits armés : le Maroc plaide pour des actions concrètes devant le CPS de l’UA

Protection des enfants dans les conflits armés : le Maroc plaide pour des actions concrètes devant le CPS de l’UA

Le Maroc a réaffirmé, mercredi, devant le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine (CPS de l’UA), la nécessité de renforcer la protection des enfants touchés par les conflits armés sur le continent. Lors d’une réunion consacrée à la protection des enfants soldats, la délégation marocaine a souligné l’urgence d’agir sur la prévention, la protection et la réintégration durable.

Les enfants demeurent parmi les premières victimes des conflits qui persistent en Afrique. Ils sont exposés au recrutement forcé, à la violence et à la déscolarisation, des situations qui compromettent durablement leur avenir. Le Maroc a condamné fermement le recrutement et l’utilisation d’enfants par les groupes armés, rappelant qu’il s’agit de violations graves du droit international humanitaire.

La délégation marocaine a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des réponses effectives dans les domaines de la prévention, de la protection et de la responsabilisation des auteurs de ces actes. Elle a également souligné l’importance d’assurer une réintégration durable des enfants anciennement associés aux groupes armés, notamment à travers des programmes adaptés incluant l’accès à l’éducation, l’accompagnement psychosocial et la formation professionnelle.

La prévention du re-recrutement au cœur de la stratégie

Le Royaume a attiré l’attention sur la nécessité de prévenir le re-recrutement des enfants en agissant sur les facteurs de vulnérabilité, tels que la pauvreté, l’exclusion sociale et le manque d’opportunités économiques. Il a plaidé pour une approche globale qui traite les causes profondes de l’exploitation des enfants dans les conflits.

Dans ce cadre, le Maroc a rappelé l’organisation, le 20 novembre 2025 à Rabat, de la Conférence ministérielle africaine sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration des enfants soldats. Cet événement a abouti à l’adoption de la Déclaration de Rabat, présentée comme un complément africain aux cadres juridiques et institutionnels internationaux existants.

Intégrer la protection des enfants dans les programmes de DDR

La délégation marocaine a appelé à intégrer systématiquement la protection et la réinsertion des enfants dans les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR), ainsi que dans les initiatives de consolidation de la paix après les conflits. Elle a également insisté sur le renforcement de la prise en charge psychosociale des enfants anciennement associés aux groupes armés, afin de favoriser leur réintégration durable au sein de leurs communautés.

Le Maroc a réaffirmé sa position constante, condamnant sans équivoque le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les hostilités. Il a appelé l’ensemble des États membres de l’Union africaine à renforcer leur coopération et à partager les bonnes pratiques pour faire face à ce fléau.

Les discussions au sein du CPS de l’UA interviennent dans un contexte où plusieurs pays du continent sont confrontés à des défis sécuritaires majeurs, exposant les enfants à des risques accrus d’exploitation et de violence. La Conférence ministérielle de Rabat et la Déclaration qui en a découlé constituent des jalons importants pour harmoniser les actions africaines en la matière.

Les prochaines étapes devraient voir la mise en œuvre progressive des engagements pris dans la Déclaration de Rabat, avec un suivi au niveau continental et une collaboration accrue entre les États membres, les organisations régionales et les partenaires internationaux pour assurer une protection effective des enfants dans les zones de conflit.

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