Le Secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime a apporté, ce week-end, des précisions sur les récentes mesures de gestion de la pêche au poulpe, en réponse à des informations jugées « erronées ». Dans un communiqué officiel, le département affirme que toutes les décisions prises pour encadrer cette activité reposent sur des données scientifiques validées par l’Institut national de recherche halieutique (INRH), et non sur des considérations politiques ou électorales. Cette mise au point intervient alors que des interrogations ont émergé sur le calendrier et la portée des interdictions de pêche décrétées en août 2026.
Le département précise que les nouvelles réglementations visent à protéger les juvéniles et les zones de reproduction du poulpe, une ressource stratégique pour le secteur halieutique marocain. Ainsi, le décret ministériel n°08/2026, publié le 17 août, instaure la fermeture de la zone dite des « petits poulpes », située au sud de Sidi El Ghazi, à partir du 22°42′ de latitude Nord. Cette mesure, qui s’inscrit dans une logique de préservation des stocks, a été complétée par le décret n°10/2026 du 27 août, modifiant les dispositions du décret n°05/2026 du 29 juin.
Ce second texte prévoit l’interdiction du chalutage de fond dans une bande maritime comprise entre les latitudes 26°24′ Nord et 22°42′ Nord, à 18 milles nautiques des côtes, et ce du 28 août au 10 septembre 2026. À l’issue de cette période, l’activité de chalutage devra être totalement suspendue dans la zone concernée. L’administration justifie ce calendrier par la nécessité de concilier impératifs écologiques et réalités socio-économiques. Le repos biologique devait initialement débuter le 16 septembre, mais face à la présence massive de juvéniles de poulpe dans les captures, dépassant les 60 %, l’INRH a recommandé d’avancer l’arrêt de la pêche au 1er septembre.
Finalement, la date a été reportée au 10 septembre pour tenir compte des demandes des professionnels du secteur et des considérations liées à l’emploi. Une décision que le Secrétariat d’État présente comme un compromis entre préservation de la ressource et viabilité économique des entreprises de pêche. Le département assure qu’aucune décision n’a été motivée par la volonté d’accorder des avantages financiers ou matériels à des individus ou à des groupes, en vue d’un usage partisan ou électoral.
La gestion des ressources halieutiques nationales repose exclusivement sur les évaluations scientifiques, l’intérêt national et les orientations du plan Halieutis et de la feuille de route 2025-2027, insiste le communiqué. Les licences de pêche et les autorisations administratives sont délivrées conformément aux lois et règlements en vigueur, sur la base de critères objectifs et de procédures institutionnelles transparentes, sans aucune considération politique, partisane ou électorale.
Cette clarification intervient dans un contexte où la pression sur les ressources marines s’accentue et où les pêcheurs, notamment artisans, s’interrogent sur l’impact des mesures sur leur activité. Les autorités rappellent que l’objectif à long terme est d’assurer une exploitation durable du poulpe, dont les exportations contribuent significativement à l’économie nationale. Les professionnels du secteur, de leur côté, attendent désormais la mise en œuvre effective des mesures et la publication des prochains calendriers de repos biologique.
Selon des sources proches du département, une évaluation de l’impact des fermetures sera menée après la saison 2026-2027, en collaboration avec l’INRH, afin d’ajuster, si nécessaire, les périodes d’interdiction. Cette démarche devrait permettre d’affiner les outils de gestion, tout en répondant aux préoccupations des pêcheurs, dans un équilibre constant entre sauvegarde de la ressource et soutien à l’activité économique.
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