Hausse persistante des prix de la viande ovine sur le marché marocain

Hausse persistante des prix de la viande ovine sur le marché marocain

Le marché marocain de la viande ovine reste marqué par une tendance haussière des prix, malgré la reprise des importations destinées à approvisionner les abattoirs du pays. Aux abattoirs de Casablanca, le kilogramme de viande ovine se négocie actuellement entre 130 et 135 dirhams en gros, selon des informations fournies par Hicham El Jouabri, secrétaire général de l’Association nationale des éleveurs de moutons. Cette évolution intervient dans un contexte de demande soutenue, particulièrement à l’approche des fêtes religieuses, tout en reflétant les tensions persistantes sur l’offre locale.

Un écart persistant entre prix de gros et prix de détail

Les chiffres communiqués pour Casablanca font état d’un prix de gros oscillant entre 130 et 135 dirhams le kilogramme. Toutefois, les consommateurs constatent des niveaux de prix plus élevés sur les étals des boucheries, où le kilogramme peut atteindre 150 à 160 dirhams selon les quartiers et les catégories de viande proposées. Cet écart entre le prix d’achat en gros et le prix de vente au détail s’explique par les marges des intermédiaires, les coûts de transport et les frais liés à la distribution.

Les importations ne suffisent pas à endiguer la hausse

La reprise des importations de viande ovine, autorisée par les autorités pour atténuer la pression sur le marché national, n’a pas encore produit d’effet visible sur les prix à la consommation. Les professionnels du secteur soulignent que les volumes importés, bien qu’en augmentation, restent insuffisants pour combler le déficit structurel de la production locale. Par ailleurs, les prix internationaux du mouton et les coûts logistiques, incluant le fret maritime et les formalités sanitaires, se répercutent directement sur les prix d’importation, limitant ainsi l’effet modérateur attendu.

Une pression saisonnière et structurelle

La demande de viande ovine demeure particulièrement forte à certaines périodes de l’année, notamment lors de l’Aïd al-Adha, mais aussi durant les mois d’été caractérisés par les mariages et les cérémonies familiales. En outre, la sécheresse récurrente au Maroc a réduit les disponibilités en fourrage, poussant de nombreux éleveurs à réduire leurs cheptels ou à les déstocker plus tôt que prévu. Cette situation pèse sur l’offre locale et maintient des tensions sur les cours, malgré les efforts d’approvisionnement complémentaire via les importations.

Réactions des professionnels et perspectives

Les éleveurs et les bouchers expriment des avis divergents sur les raisons de cette hausse. Les premiers soulignent l’augmentation de leurs charges, notamment le coût des aliments pour bétail, tandis que les seconds mettent en avant les difficultés d’accès à des viandes à des prix compétitifs. Dans ce contexte, les autorités publiques ont indiqué vouloir renforcer les contrôles sur les circuits de distribution et envisagent un élargissement des quotas d’importation si la tendance se poursuit. Toutefois, aucune mesure concrète n’a encore été annoncée pour stabiliser les cours à court terme.

Selon les données disponibles, les prochaines semaines seront déterminantes pour observer l’impact des importations sur les prix au détail, en particulier à l’approche de la saison estivale. Les professionnels du secteur attendent également une éventuelle révision des droits d’importation et un accompagnement accru des éleveurs locaux pour sécuriser l’offre nationale. La question de la régulation du marché reste donc ouverte, alors que le pouvoir d’achat des ménages demeure une préoccupation centrale pour les consommateurs marocains.

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