Maroc : le RNI veut porter le SMIG à 5.000 dirhams dans le cadre d’un consensus social

Maroc : le RNI veut porter le SMIG à 5.000 dirhams dans le cadre d’un consensus social

Le débat sur le relèvement du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) à 5.000 dirhams par mois s’accélère au Maroc, à l’approche des élections législatives du 23 septembre. Le président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Mohamed Chaouki, a réaffirmé l’engagement de son parti à concrétiser cette mesure, tout en insistant sur la nécessité de l’inscrire dans le cadre d’un dialogue avec les partenaires sociaux et économiques, plutôt que de se livrer à une surenchère politique.

Lors d’une rencontre de communication organisée lundi dans la commune rurale d’Imi N’Tlit, dans la province d’Essaouira, M. Chaouki a apporté son soutien aux jeunes compétences, notamment à la candidature de Tarik Ottmani, président de la commune d’Essaouira, aux législatives de septembre. Le coordinateur régional du RNI pour Marrakech-Safi, Mohamed El Kabbaj, était également présent à cette rencontre, visant à présenter les candidats du parti dans la région.

Une stratégie de renouvellement des cadres

Dans son allocution, M. Chaouki a souligné que le RNI a fait le choix d’associer l’expérience et le savoir-faire des militants aguerris à la compétence et au renouvellement des cadres. « Le parti de la Colombe a été parmi les premiers à appliquer ce principe en dévoilant une liste de candidats comptant plus de 35 % de nouveaux visages », a-t-il affirmé, tout en continuant à miser sur des militants disposant d’une solide expérience, d’un ancrage populaire et d’une connaissance directe du terrain.

Le responsable politique a présenté le RNI comme un « parti responsable », assumant pleinement ses responsabilités qu’il soit au gouvernement, dans l’opposition ou chargé de la gestion de départements ministériels. Il a rappelé que la doctrine du parti repose sur la construction d’un État fort et accompagnateur, capable de protéger les citoyens à chaque étape de leur vie, depuis la prise en charge de la mère et du nourrisson jusqu’à la retraite, en passant par les cycles d’enseignement et la protection sociale.

Une mise en œuvre sur le terrain selon les hautes orientations royales

Cette orientation s’est concrétisée, selon M. Chaouki, à travers la mise en œuvre des Hautes Orientations Royales, notamment le chantier de la protection sociale, l’assurance maladie obligatoire et le programme d’aide sociale directe. Plus de 30 % des familles de la commune d’Imi N’Tlit bénéficient de ce dernier dispositif, a-t-il indiqué, tout en assurant que son parti ne céderait pas à la surenchère des chiffres afin de garantir la pérennité du système.

Le dirigeant du RNI a également mis en avant les actions du gouvernement en matière de dialogue social, qu’il a qualifié d’« institutionnalisé et responsable ». Ce processus a mobilisé plus de 45 milliards de dirhams de fonds publics, permettant d’accorder des augmentations salariales aux enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur, ainsi qu’aux médecins, infirmiers et à l’ensemble des fonctionnaires du secteur public.

Position sur la proposition de SMIG à 5.000 dirhams

Interrogé sur les déclarations de Fouzi Lekjaa, récemment arrivé au Parti authenticité et modernité (PAM), qui a évoqué un engagement de porter le SMIG à 5.000 dirhams, Mohamed Chaouki a réaffirmé que son parti partage cet objectif. Toutefois, le RNI entend l’aborder dans une démarche fondée sur « le consensus et la crédibilité » avec les partenaires sociaux et économiques, plutôt que de tomber dans la surenchère politique, afin d’assurer la pérennité du système et son pilotage selon une méthodologie scientifique rigoureuse.

Cette prise de position intervient à un moment où le débat sur le pouvoir d’achat occupe une place centrale dans la campagne électorale. Le gouvernement devrait poursuivre les concertations sociales avec les syndicats et le patronat dans les prochaines semaines pour définir les modalités et le calendrier d’un éventuel relèvement du SMIG, tout en veillant à l’équilibre des finances publiques.

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