À l’approche des élections législatives du 23 septembre, la circonscription de Sefrou, dans la région Fès-Meknès, s’impose comme l’un des principaux champs de bataille électoraux du pays. Trois sièges de députés sont à pourvoir dans cette province, où la compétition s’annonce particulièrement vive entre des figures politiques bien établies et de nouveaux prétendants.
Un historique électoral marqué par la concurrence
Les scrutins précédents témoignent de l’intensité de la lutte pour ces sièges. En 2021, le Rassemblement national des indépendants (RNI) avait remporté le premier siège avec Hafid Ouachak, qui avait recueilli 21 648 voix. Le Parti authenticité et modernité (PAM) avait suivi, grâce à Driss Chebchali, crédité de 19 740 suffrages, tandis que le troisième siège était revenu à Driss Chtibi, de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), avec 19 006 voix. Le candidat du Parti de l’Istiqlal, Brahim Al Ayachi, avait terminé quatrième avec 9 364 voix.
Cette répartition des sièges avait révélé un rapport de forces relativement équilibré entre les trois premiers, contrastant avec l’écart plus net qui les séparait des autres concurrents. Une configuration qui confirmait déjà le statut de Sefrou comme l’une des circonscriptions les plus disputées du Maroc.
En 2016, la donne était différente. Le premier siège avait été remporté par Lahcen Sekkouri, du Mouvement populaire (MP), avec 10 064 voix. Driss Chtibi s’était classé deuxième avec 8 856 suffrages sous les couleurs de l’USFP, et Driss Meskine, du Parti de la justice et du développement (PJD), avait obtenu le troisième siège avec 7 752 voix.
Malgré l’évolution des équilibres politiques et le renouvellement partiel des candidatures, une constante demeure : les scrutins à Sefrou se jouent souvent à quelques centaines de voix près. Le taux de participation est d’ailleurs passé de 43,66 % en 2016 à 50 % en 2021, signe d’un intérêt soutenu des électeurs.
Les forces en présence pour le scrutin de 2026
Pour cette échéance, les principales formations politiques ont déjà dévoilé leurs stratégies. Le RNI a investi Youssef Mandour, tandis que le PAM a choisi de reconduire Driss Chebchali. Le Parti de l’Istiqlal mise de nouveau sur Brahim Al Ayachi. Le Mouvement populaire a confié ses chances à Mohamed Bousta, président de la commune de Rabat El Kheir. L’USFP renouvelle sa confiance à Driss Chtibi, qui tentera de conserver son siège. Le PJD sera représenté par Oussama El Mohammadi, et le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a porté son choix sur Badr Bensaâda. Enfin, le Front des forces démocratiques (FFD) a investi Saïd Achhaboune Ben Ali.
Parmi les candidatures les plus remarquées figure celle de Mustapha Lakhsem. Ancien champion du monde d’arts martiaux et président de la commune d’Imouzzer-Kandar, il se présente sous les couleurs du Mouvement démocratique et social (MDS), après avoir quitté le Mouvement populaire. Son entrée en lice ajoute une dimension supplémentaire à une compétition déjà très ouverte.
Stratégies divergentes des partis
La composition des listes illustre des approches contrastées. Certaines formations, comme le PAM et l’USFP, ont privilégié la continuité en reconduisant des candidats expérimentés. D’autres ont opté pour de nouveaux profils ou pour des personnalités disposant d’un fort ancrage local, afin de maximiser leurs chances d’accéder à la Chambre des représentants.
À Sefrou, où plusieurs partis nourrissent des ambitions crédibles, l’issue du scrutin demeure incertaine. Les électeurs devront trancher entre des sortants désireux de conserver leur position et des challengers déterminés à redistribuer les cartes politiques de la province.
La campagne électorale officielle débutera dans les prochains jours, et les candidats devront convaincre les électeurs sur des thèmes tels que le développement local, l’emploi et les services de base. Les résultats définitifs seront proclamés par le ministère de l’Intérieur après la clôture du scrutin du 23 septembre.
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