Genève, le 26 février 2025. En marge de l’ouverture de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc à Genève, Omar Zniber, a réaffirmé que le Royaume refuse d’être cantonné au rôle de « gendarme » en matière de migration. Ses déclarations interviennent après l’évocation de plusieurs pays dans le rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, sans que le Maroc y soit cité, malgré les événements migratoires survenus à Sebta occupée en juillet dernier.
« Le Maroc n’est pas disposé à jouer le rôle de gendarme pour qui que ce soit », a déclaré Omar Zniber lors d’un entretien accordé à Hespress. Le diplomate, ancien président du Conseil des droits de l’homme, a répondu aux interrogations sur l’absence de mention du Royaume dans le discours d’ouverture du Haut-Commissaire. Il a rappelé que le Maroc figure parmi les États les plus actifs au sein du Conseil en matière de défense des droits des migrants, tout en contribuant aux initiatives et résolutions relatives aux migrations.
Une politique migratoire claire et reconnue
Omar Zniber a souligné que le Royaume a été l’un des premiers pays à se doter d’un arsenal juridique complet pour l’intégration des migrants. Il a également mis en avant la coopération internationale menée avec les pays européens voisins et les positions audacieuses adoptées à l’échelle africaine. « La responsabilité du Maroc et sa pratique en matière de migration sont positives », a-t-il insisté, ajoutant que certaines critiques visent en réalité à nuire au pays à d’autres fins.
Le diplomate a par ailleurs rappelé l’engagement du Maroc au sein de plusieurs instances internationales, notamment l’Organisation internationale pour les migrations et l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Selon lui, le Royaume dispose d’arguments solides fondés sur la logique et la réalité dans ce dossier.
La crédibilité du Conseil des droits de l’homme en question
Interrogé sur la crédibilité du Conseil des droits de l’homme, souvent critiqué pour des accusations de « deux poids, deux mesures », Omar Zniber a reconnu que certains membres ont été régulièrement épinglés pour des positions jugées partiales. Il a toutefois estimé que la crédibilité du Conseil reste intacte, malgré ces critiques. « Le Conseil demeure un espace essentiel de dialogue, de débat et parfois de confrontation », a-t-il affirmé.
Selon lui, les divergences constatées sont liées, dans une certaine mesure, à des considérations géopolitiques, mais aussi à des incompréhensions sur des questions comme le développement, le droit au développement ou encore le droit à la santé. Le Conseil continue ainsi de représenter un outil important pour la communauté internationale afin de surmonter les difficultés actuelles, marquées par la multiplication des conflits et des crises humanitaires.
Le Maroc, acteur clé du système onusien des droits de l’homme
Omar Zniber a également évoqué la place du Maroc au sein du système onusien des droits de l’homme, la qualifiant de « très particulière ». Le Royaume dirige en effet plusieurs processus fondamentaux, dont le Réseau des mécanismes nationaux des droits de l’homme, qui regroupe les structures gouvernementales chargées de coordonner les politiques relatives aux droits de l’homme dans chaque État. Ce réseau a été lancé avec deux autres pays, le Portugal et la Grèce.
Pour le diplomate, cette position témoigne de la reconnaissance internationale du rôle actif du Maroc dans ce domaine. Il a également insisté sur le fait que la question du Sahara marocain ne figure plus à l’ordre du jour du Conseil ni dans les rapports du Haut-Commissariat, ce qui reflète, selon lui, une évolution positive de la perception de ce dossier au niveau multilatéral.
Dans les prochaines semaines, le Maroc devrait poursuivre ses contributions aux débats du Conseil des droits de l’homme, notamment sur les questions migratoires et le droit au développement. Le Royaume entend également continuer à promouvoir son modèle d’intégration des migrants, tout en renforçant sa coopération avec les instances internationales concernées.
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