Le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et le Gouvernement provisoire kabyle en exil (Anavad) ont vivement contesté l’inscription par l’Algérie des villes de Mila et de Béjaïa au registre du patrimoine de l’Observatoire du patrimoine architectural et urbain dans les pays arabes. Cette instance relève de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO). La contestation a été rendue publique par une lettre adressée à la Ligue des États arabes et à l’UNESCO.
Dans ce courrier, le président du MAK, Ferhat Mehenni, accuse Alger de vouloir déposséder la Kabylie de son héritage historique en le rattachant au monde arabe. Il reproche également aux autorités algériennes de poursuivre les politiques d’arabisation menées depuis l’indépendance et de chercher à effacer l’identité kabyle et amazighe.
Une remise en cause des critères scientifiques
Ferhat Mehenni s’interroge sur les critères historiques et scientifiques ayant présidé au choix d’intégrer Béjaïa, Mila ainsi que Nedroma dans le registre du patrimoine arabe. Il estime que cette démarche met en jeu la crédibilité des classements patrimoniaux internationaux en occultant l’origine et la diversité des civilisations concernées.
Le responsable souligne que Mila et Béjaïa sont des cités kabyles, tandis que Nedroma présente des racines marocaines, toutes profondément ancrées dans la civilisation amazighe. S’il précise ne pas nier les apports et interactions avec le monde arabe au fil des siècles, le texte insiste sur le fait que la reconnaissance de ces influences ne saurait autoriser la négation de l’identité première de ces villes.
Le MAK qualifie ce procédé d’« usurpation culturelle » et de « falsification de l’histoire ». Il dénonce une logique de « colonisation culturelle » et affirme la détermination de la région à faire valoir son identité auprès des institutions internationales.
Des revendications adressées aux instances internationales
Rappelant que la Kabylie a proclamé son indépendance le 14 décembre 2025, Ferhat Mehenni invite la Ligue arabe à veiller à ce que les inscriptions à ses registres ne soient pas interprétées comme une appropriation de l’histoire de peuples ne se définissant pas comme arabes. L’organisation kabyle exige par ailleurs des autorités algériennes la publication des fondements documentaires, scientifiques et culturels ayant justifié cette démarche.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de la question identitaire en Algérie. Elle pourrait conduire à un examen plus attentif des critères utilisés par les organisations régionales pour l’inscription de sites au patrimoine. Les réactions des institutions interpellées, notamment la Ligue des États arabes et l’UNESCO, sont attendues dans les prochaines semaines.
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