Le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a plaidé, jeudi à Rabat, pour une transformation profonde du modèle de financement de la société civile marocaine par le biais de la digitalisation. S’exprimant lors d’un point de presse à l’issue du Conseil de gouvernement, il a présenté cette transition comme une nécessité stratégique pour la pérennité et l’efficacité du tissu associatif national.
Mustapha Baitas a souligné que l’adoption des technologies numériques constitue un levier puissant pour consolider les capacités managériales des associations. Il a indiqué que ces outils permettent de concevoir des campagnes de collecte de fonds plus professionnelles et mieux ciblées. Dans un environnement concurrentiel, cette maîtrise offre aux acteurs associatifs la possibilité d’améliorer significativement l’impact de leurs initiatives sur le terrain.
Transparence et rapidité accrues
Le porte-parole du gouvernement a mis en avant la dimension cruciale de la confiance et de la transparence. Selon lui, le financement numérique permet aux donateurs de suivre, parfois en temps réel, l’avancement des projets qu’ils soutiennent. Cette traçabilité, rendue possible par les plateformes technologiques, instaure un climat de confiance renouvelé grâce à des mécanismes garantissant une transparence totale sur l’utilisation des fonds.
La digitalisation des processus permet également aux associations d’accéder aux ressources nécessaires dans des délais considérablement réduits. Cette rapidité lève ainsi les barrières bureaucratiques qui freinent souvent l’action humanitaire ou sociale d’urgence.
Les trois piliers du nouveau paradigme
Le ministre a détaillé les trois formules majeures qui structurent cette approche alternative de financement. Il a d’abord évoqué le financement participatif, ou crowdfunding. Ce modèle, fondé sur la mobilisation du grand public, vise à démocratiser l’acte de don et à soutenir des projets à fort impact social.
L’implication du secteur privé
Dans un second temps, Mustapha Baitas a abordé l’implication stratégique des entreprises. Dans le cadre de leur responsabilité sociétale (RSE), ces dernières peuvent identifier et soutenir plus aisément des initiatives via des canaux numériques sécurisés. Cette démarche crée des synergies entre le monde corporatif et le tiers-secteur.
Vers l’autonomie financière
Enfin, le ministre a insisté sur l’importance pour les associations de développer des activités génératrices de revenus. Cette démarche entrepreneuriale, facilitée par le commerce électronique et le marketing digital, doit permettre aux structures de dégager leurs propres ressources. Elle marque une transition vers une autonomie financière durable, rompant avec une logique d’assistanat.
Les propos du ministre s’inscrivent dans un contexte de modernisation globale du secteur associatif au Maroc. Cette évolution vers des modèles de financement numériques apparaît comme une réponse aux défis de transparence, d’efficacité et de pérennité auxquels sont confrontées de nombreuses organisations de la société civile. La prochaine étape devrait consister en la mise en place de cadres incitatifs et réglementaires pour accompagner cette transition numérique, en collaboration avec les différents acteurs concernés.
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