Le gouvernement marocain a officiellement lancé la phase de préparation du projet de loi de finances pour 2027. Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a adressé une note de cadrage à tous les départements ministériels et établissements publics, leur demandant de formuler leurs propositions pour la programmation budgétaire triennale couvrant la période 2027-2029. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la réforme budgétaire visant à instaurer une vision pluriannuelle pour renforcer la lisibilité et l’efficacité de l’action publique.
Les priorités sociales et économiques
La feuille de route présentée par l’exécutif accorde une place centrale à la poursuite des chantiers sociaux. L’accélération de la généralisation de la protection sociale, présentée comme un pilier du nouveau modèle de développement, constitue un objectif majeur, avec une attention particulière portée à sa soutenabilité financière.
Santé et éducation
La réforme du système de santé reste une priorité structurante. Elle passe par la modernisation des infrastructures hospitalières, le renforcement des ressources humaines et la généralisation des groupements sanitaires territoriaux pour améliorer la proximité des soins. Dans le secteur éducatif, le gouvernement insiste sur la nécessité de poursuivre la transformation du système, notamment par l’élargissement du programme des « écoles pionnières », qui doit concerner 80 % des écoles primaires à la rentrée 2026-2027.
Emploi et investissement
La question de l’emploi est placée au cœur des préoccupations, avec une approche globale privilégiant le soutien à l’investissement, l’accompagnement des entreprises et l’adéquation formation-emploi. Le maintien d’une dynamique d’investissement public est également confirmé, ciblant les infrastructures stratégiques liées à l’eau, aux transports et à la logistique, ainsi que les préparatifs pour l’organisation de la Coupe du Monde de football 2030. La transformation numérique, via la stratégie « Maroc Digital 2030 », est un autre axe majeur pour moderniser l’administration et la compétitivité économique.
Un cadre budgétaire marqué par la prudence
Cette programmation intervient dans un contexte international incertain, marqué par des tensions géopolitiques et un ralentissement de la croissance mondiale. Face à cette situation, le gouvernement affiche des objectifs économiques mesurés pour la période 2027-2029 : une croissance moyenne attendue autour de 4,2 %, un taux d’inflation maîtrisé à environ 2 % et un déficit budgétaire contenu aux alentours de 3 % du Produit Intérieur Brut.
Pour atteindre ces cibles, la circulaire insiste sur la rationalisation des dépenses publiques, en particulier des dépenses de fonctionnement. Elle promeut l’adoption de nouvelles pratiques de gestion fondées sur la digitalisation et la mutualisation des ressources. L’efficacité de l’investissement public doit être améliorée par la priorisation des projets stratégiques et l’accélération de leur mise en œuvre, tout en renforçant l’approche territoriale et participative.
La note met également en avant la poursuite de la budgétisation sensible au genre et l’introduction d’un marquage climatique des dépenses publiques. Ce dernier dispositif est destiné à mieux mesurer l’impact environnemental des choix budgétaires.
Calendrier et prochaines étapes
Le processus de préparation suit un calendrier précis. Les propositions budgétaires des différents départements ministériels seront examinées par des commissions spécialisées pilotées par le ministère de l’Économie et des Finances, entre le 13 avril et le 12 mai 2026. Les administrations sont tenues de soumettre leurs données et de justifier leurs choix via le système numérique « e-budget2 ».
Cette programmation triennale se veut un outil structurant pour renforcer la cohérence de l’action publique. Elle doit accompagner les ambitions économiques et sociales du Maroc dans un exercice d’équilibre constant entre les impératifs de justice sociale et les nécessités de la rigueur budgétaire. Les prochaines semaines seront consacrées à la formulation détaillée des propositions par chaque administration, avant leur examen technique au printemps 2026.
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