Une pétition citoyenne demandant l’abandon du fuseau horaire GMT+1 au Maroc a recueilli plus de 200 000 signatures, dépassant largement le seuil légal de 5 000 requis pour un examen officiel. Cette mobilisation relance un débat public sur les conséquences de ce changement horaire, intervenu en 2018, sur la vie quotidienne et la santé des citoyens.
Le professeur de droit public à l’Université Mohamed V, El Abass El Ouardi, a souligné que ce nombre de signatures représente une expression massive et légitime de la volonté populaire. Il estime qu’il serait civiquement et juridiquement imprudent d’ignorer cette initiative. La Constitution marocaine garantit en effet aux citoyens et à la société civile le droit de soumettre des pétitions aux institutions, notamment la Chambre des représentants, la Chambre des conseillers ou le Chef du gouvernement.
Un cadre légal et des préoccupations de santé publique
Le professeur El Ouardi a rappelé, dans une déclaration à Hespress FR, l’importance de respecter scrupuleusement les formalités légales pour le dépôt de la pétition, notamment l’identification complète des signataires et le dépôt officiel auprès des autorités compétentes. Au delà de l’aspect procédural, il a insisté sur la dimension pragmatique de la démarche.
Selon lui, les citoyens sont les premiers témoins des effets de ce fuseau horaire sur leur quotidien et celui de leurs enfants. Il a jugé raisonnable que le gouvernement écoute et évalue cette demande avant toute décision définitive. Des experts en santé publique cités par le professeur signalent plusieurs impacts concrets attribués à GMT+1, notamment une fatigue accrue, une perturbation des rythmes biologiques, des difficultés d’apprentissage chez les enfants et des troubles psychologiques chez certains adultes sensibles aux changements horaires.
Appel à l’examen et à des solutions adaptées
El Abass El Ouardi a déclaré que ces observations ne pouvaient être ignorées, soulignant l’intérêt de concilier efficacité économique et santé publique. Il a proposé plusieurs pistes de réflexion, comme la mise en place de consultations périodiques avec les citoyens pour évaluer l’impact du fuseau horaire, l’envisagement d’un calendrier adapté pendant les périodes sensibles et une information systématique de la population sur les décisions prises.
Il a cité l’exemple de pays européens, comme l’Espagne, qui ont ajusté ou supprimé l’heure d’été après avoir constaté des effets négatifs similaires. Le Maroc, a t il indiqué, pourrait suivre cette logique sans nécessairement compromettre sa productivité économique, en adaptant les choix horaires aux besoins réels des citoyens.
En conclusion, le professeur a appelé à un acte de responsabilité collective, passant par le dépôt officiel de la pétition, son examen attentif par les institutions et l’adoption éventuelle de mesures conformes aux aspirations de la société. Pour lui, ce débat dépasse la simple question de l’heure affichée et touche à la qualité de vie, à la santé publique et au respect des engagements gouvernementaux envers les citoyens.
La balle est désormais dans le camp des autorités compétentes. La procédure légale implique que la pétition, une fois officiellement déposée, soit examinée par l’une des institutions visées. Aucun calendrier officiel n’a été communiqué concernant l’éventuel examen de cette demande ou une réévaluation de la politique horaire du Maroc.
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