L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a publié, mercredi, son Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2026. Ce document met en lumière les avancées significatives réalisées par le Maroc pour réduire le nombre d’enfants et d’adolescents non scolarisés, le citant comme un exemple notable de progrès rapide en matière d’accès à l’éducation.
Selon les données du rapport, le Maroc a enregistré depuis l’an 2000 une baisse soutenue de son taux de non-scolarisation, à un rythme annuel de 1,6 point de pourcentage. Cette tendance positive s’est maintenue sur plus de vingt-cinq ans. Des baisses spectaculaires sont observées parmi les adolescents : le taux de non-scolarisation au niveau du collège est passé de 42% à 6%, tandis que celui des jeunes en âge de fréquenter le lycée a chuté de 63% à 23%.
Ces performances permettent désormais au Royaume d’afficher des niveaux comparables à ceux des pays à revenu intermédiaire supérieur. En 2000, ses taux de non-scolarisation étaient pourtant inférieurs à la moyenne des pays à revenu intermédiaire inférieur. Au total, le nombre de jeunes non scolarisés a diminué de plus de 70% entre 2000 et 2023.
Les facteurs du succès
L’UNESCO attribue ces résultats à une combinaison de politiques publiques et d’investissements structurants. Un vaste programme de construction d’écoles publiques a constitué la pierre angulaire de cette stratégie. Parallèlement, des mesures ciblées ont été déployées pour limiter l’abandon scolaire.
Le programme de transferts monétaires conditionnels Tayssir, qui a bénéficié à 3,1 millions d’élèves en 2025, est cité comme un levier important. Des campagnes de sensibilisation, l’implication des familles et des services sociaux, ainsi que des investissements dans les transports scolaires et les internats en milieu rural ont également contribué à améliorer l’accès et le maintien des élèves dans le système.
Un nouveau mécanisme d’alerte précoce a par ailleurs été mis en place pour identifier les élèves à risque de décrochage, permettant une intervention plus rapide et ciblée.
L’éducation informelle comme réponse
Pour répondre aux défis de l’insertion professionnelle et de la lutte contre l’abandon scolaire, le Maroc a développé un programme d’éducation informelle. Hssain Oujour, Directeur de l’école de deuxième chance et de l’éducation inclusive au ministère de l’Education nationale, du Préscolaire et des Sports, a expliqué que cette approche vise à offrir des parcours de réinsertion.
Dans le cadre de la nouvelle feuille de route ministérielle, près d’une vingtaine de programmes ont été lancés. M. Oujour a souligné la « forte convergence des politiques sectorielles » pour lutter contre le décrochage, qualifiant cette mobilisation d’« approche inédite » au sein du système éducatif national.
Il a également témoigné des parcours réussis de plusieurs bénéficiaires des Écoles de la deuxième chance, certains ayant intégré de grandes écoles ou occupant désormais des fonctions importantes, ce qu’il a décrit comme « l’une des plus grandes satisfactions de notre engagement ».
Les autorités marocaines poursuivent le déploiement de cette stratégie intégrée, combinant infrastructure, soutien social et dispositifs de seconde chance. La consolidation des résultats obtenus et l’atteinte des objectifs de scolarisation universelle restent des priorités affirmées dans la feuille de route du secteur.
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