L’USFP met en garde contre la dégradation du pouvoir d’achat et critique la gestion économique

L’USFP met en garde contre la dégradation du pouvoir d’achat et critique la gestion économique

Lors du congrès national des commerçants, artisans et professionnels à Bouznika, le Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachgar, a alerté sur la pression accrue qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages marocains. Il a critiqué la gestion gouvernementale des équilibres économiques, la qualifiant de fragilisante pour l’économie nationale, dans un contexte international marqué par l’instabilité et les tensions géopolitiques.

Driss Lachgar a dressé un constat sévère de la situation économique. Il a pointé du doigt les hausses continues des prix, en particulier celles des carburants, dont le poids affecte de manière significative les classes moyennes et populaires. Selon le responsable politique, cette dégradation est aggravée par un manque de régulation dans certains secteurs stratégiques, notamment celui des hydrocarbures.

Le leader de l’USFP a dénoncé des marges jugées excessives réalisées par certains opérateurs dans ce secteur. Il a estimé que les mécanismes de contrôle en place apparaissaient insuffisants, voire défaillants, pour encadrer ces pratiques et protéger le consommateur.

Une remise en cause du modèle économique

Au-delà de la conjoncture immédiate, l’USFP remet en cause les fondements de l’action économique du gouvernement. Driss Lachgar a critiqué un déséquilibre persistant dans la répartition des soutiens publics. Il a affirmé que les politiques actuelles privilégieraient les grands acteurs économiques au détriment des petits opérateurs.

Les artisans, commerçants et travailleurs indépendants, que le parti qualifie de « forces productives réelles », seraient ainsi marginalisés dans les processus de décision. Pourtant, selon l’analyse de l’USFP, ces catégories constituent un pilier essentiel de l’économie marocaine.

Face à ce constat, le parti appelle à une réorientation des politiques publiques. Cette réorientation devrait se fonder sur une meilleure inclusion de ces acteurs dans l’élaboration des stratégies économiques. Elle devrait également viser une redistribution plus équitable des dispositifs de soutien, dans le but de rétablir un équilibre entre performance économique et justice sociale.

Les risques liés au contexte international

L’intervention de l’USFP s’inscrit dans un climat international particulièrement tendu, marqué par la multiplication des foyers de crise, notamment au Moyen-Orient. Driss Lachgar a souligné que ces tensions géopolitiques risquaient d’avoir des répercussions directes sur l’économie marocaine.

Il a cité, comme risques principaux, une hausse potentielle des prix de l’énergie et une instabilité accrue des marchés. Pour le Premier secrétaire, cette situation exige une anticipation plus rigoureuse des chocs externes.

Il a préconisé une planification économique plus proactive et une meilleure coordination entre les différents acteurs institutionnels. L’objectif serait de mieux protéger l’économie nationale contre les fluctuations et les crises importées.

Un appel à une gouvernance plus transparente

En filigrane de ces critiques, l’USFP pose la question de la gouvernance économique. Le parti déplore un manque de transparence dans la gestion de certains dossiers sensibles, en prenant pour exemple la formation des prix des carburants.

Driss Lachgar a insisté sur la nécessité d’activer les mécanismes de contrôle existants et de renforcer le rôle des instances de régulation. Il a également appelé à l’ouverture d’un débat public sur la formation des prix, considérant cette démarche comme essentielle pour restaurer la confiance des citoyens.

Pour l’USFP, l’enjeu dépasse la seule conjoncture actuelle. Il s’agit, selon le parti, de repenser le modèle économique national dans son ensemble. L’objectif final serait de le rendre plus résilient face aux crises internationales et plus équitable dans la répartition des richesses.

La prochaine étape attendue concerne la réaction officielle du gouvernement aux critiques formulées par l’opposition. Les observateurs politiques s’attendent également à ce que le débat sur le pouvoir d’achat et la régulation des prix reste au cœur des discussions parlementaires dans les semaines à venir, notamment lors de l’examen des questions d’actualité ou du projet de loi de finances rectificative, si celui-ci est présenté.

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