Le Médiateur du Royaume pointe les déficits d’accessibilité administrative pour les personnes handicapées

Le Médiateur du Royaume pointe les déficits d’accessibilité administrative pour les personnes handicapées

Le Médiateur du Royaume, Hassan Tariq, a présenté, ce mardi à Rabat, une étude mettant en lumière les obstacles persistants rencontrés par les personnes en situation de handicap dans l’accès aux services administratifs marocains. Cette présentation, organisée à l’occasion de la journée nationale des personnes en situation de handicap, souligne que ces difficultés matérielles affectent directement la confiance des citoyens dans l’action publique.

L’étude, réalisée en partenariat avec le département chargé de l’inclusion sociale et l’Observatoire national du développement humain, dresse un constat sévère sur les conditions d’accueil et d’usage des administrations. Hassan Tariq a affirmé que l’impossibilité d’accéder à un service public ne constitue pas seulement une difficulté individuelle, mais représente un déficit de confiance pouvant affecter la crédibilité de l’administration.

Un enjeu de citoyenneté et d’égalité

Le Médiateur a insisté sur le fait que l’inclusion est désormais un pilier essentiel de l’État social. La capacité des administrations à intégrer l’accessibilité dans la conception de leurs services, l’aménagement de leurs espaces, la formation de leur personnel et la digitalisation de leurs procédures conditionne, selon lui, la qualité de la citoyenneté. Il s’agit de donner un contenu concret au principe d’égalité.

Hassan Tariq a également évoqué le rôle des réclamations adressées à son institution, qu’il considère comme un indicateur révélateur du fonctionnement réel des services publics. Chaque plainte constitue une évaluation implicite de la qualité du service et une interpellation des décisions administratives.

Un impact humain au-delà des indicateurs

Le responsable a tenu à souligner la portée humaine de ces situations d’inaccessibilité. Il a déclaré qu’aucun indicateur quantitatif ne pouvait traduire l’impact subi par une personne se voyant incapable d’accéder à un service public, évoquant les sentiments d’exclusion et d’atteinte à la dignité que cela engendre.

Dans ce contexte, Hassan Tariq estime que l’enjeu dépasse la simple défaillance technique. Il y voit un double échec, celui de l’usager privé de ses droits et celui d’une administration qui peine à incarner pleinement son caractère universel et inclusif.

Des progrès reconnus mais une mise en œuvre à interroger

Le Médiateur a reconnu les progrès réalisés ces dernières années, portés par une volonté politique affirmée et un effort institutionnel soutenu. Cependant, il a appelé à dépasser la logique des acquis pour examiner concrètement leur mise en œuvre sur le terrain.

L’objectif, a-t-il précisé, est de corriger les inégalités persistantes en adoptant une approche fondée sur les droits et non sur l’assistance. Cela implique de lever tous les obstacles, qu’ils soient physiques, administratifs ou symboliques, afin de garantir un accès effectif aux services publics pour tous.

La médiation apparaît dans cette perspective comme un levier essentiel. Elle ne se limite pas, selon Hassan Tariq, à examiner la légalité des décisions, mais cherche également à en apprécier la dimension humaine et éthique, dans une logique d’équité.

Les conclusions de cette étude devraient servir de base pour des actions correctives concrètes de la part des administrations concernées. La médiation continuera de jouer son rôle de vigilance et de proposition pour faire avancer l’accessibilité, un chantier prioritaire pour la réalisation d’une administration véritablement inclusive.

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