Le Maroc dispose actuellement de réserves stratégiques de carburants couvrant plus de 47 jours de consommation pour le gasoil et plus de 52 jours pour l’essence, selon les déclarations de la ministre de l’Énergie, Leila Benali. Ces chiffres, communiqués dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient et de fluctuations des prix à l’international, visent à rassurer sur la sécurité des approvisionnements énergétiques nationaux.
La ministre a précisé, dans un entretien accordé à Hespress, que le stock de butane est quant à lui évalué à environ 38 jours. Ces données prennent en compte les volumes disponibles dans les dépôts de stockage et les ports du royaume.
Face aux répercussions de la situation géopolitique sur les marchés, le département de l’Énergie a demandé aux opérateurs du secteur d’augmenter leurs réserves depuis la fin de l’année dernière. Cette instruction intervient alors que les citoyens marocains expriment des inquiétudes concernant les hausses successives des prix des carburants.
Contexte budgétaire et prix du baril
Le gouvernement marocain avait établi sa loi de finances sur la base d’un prix du baril de pétrole autour de 65 dollars. Or, depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les cours ont dépassé la barre des 100 dollars, créant un écart significatif par rapport aux prévisions.
Interrogée sur le non-respect de la disposition légale imposant un stock couvrant 60 jours de consommation, Leila Benali a déclaré que sa priorité en tant que ministre était avant tout « la disponibilité du produit sur le marché pour le consommateur marocain ».
Mécanismes de sécurisation des approvisionnements
Concernant le gaz butane, la ministre a indiqué que plusieurs mécanismes ont été activés pour garantir l’approvisionnement du marché national et éviter toute perturbation. Elle a souligné que ces mécanismes sont « davantage financiers et d’investissement que physiques ».
Elle a également assuré que le gouvernement veille à maintenir la disponibilité de tous les produits énergétiques, dont le butane qui continue de bénéficier d’un soutien public. Cette subvention a d’ailleurs augmenté de plus de 68% au mois de mars en raison de la hausse des prix du gaz sur les marchés internationaux.
Infrastructures et investissements
Le ministère a, au cours des trois dernières années, utilisé les capacités de stockage de la raffinerie SAMIR. Cette installation constitue l’un des premiers leviers mobilisés pour permettre aux opérateurs d’augmenter leurs réserves.
Suite aux récentes inondations ayant touché certaines régions, notamment à l’ouest et au nord du pays, le département de l’Énergie a incité les opérateurs à investir davantage dans les infrastructures et les réservoirs de stockage.
Le programme d’investissement énergétique du Maroc prévoit la mobilisation de plus de 12 milliards de dollars entre 2025 et 2030. Cet effort financier vise à renforcer la résilience du système énergétique national dans son ensemble.
Hiérarchisation des priorités
Avant d’augmenter les stocks de carburants, la ministre a rappelé la nécessité d’investir en priorité dans le réseau électrique et d’en renforcer la résilience. Les investissements dans les énergies renouvelables ont été triplés depuis 2021, tandis que ceux consacrés au réseau électrique ont été multipliés par cinq.
Dès le début de la crise liée au conflit au Moyen-Orient, une cellule de veille a été mobilisée au sein du ministère pour suivre en permanence l’évolution de la situation, particulièrement en matière de stocks énergétiques.
Les précédentes inondations, qui avaient perturbé la chaîne d’approvisionnement, ont conduit à une vigilance accrue. Cette expérience permet, selon la ministre, d’aborder la crise actuelle avec des niveaux de stocks jugés confortables.
Enfin, Leila Benali a indiqué que les prix du charbon restent stables, contrairement à d’autres intrants nécessaires à la production d’électricité qui ont enregistré des hausses significatives.
Les autorités marocaines continuent de suivre de près l’évolution de la situation internationale et ses impacts sur les marchés. La priorité reste d’assurer la continuité de l’approvisionnement tout en maintenant une vigilance accrue sur la stabilité des prix pour les consommateurs et sur la résilience des infrastructures énergétiques nationales.
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