Une enquête menée auprès de 2 845 personnes au Maroc, présentée à Casablanca par la Fédération nationale des associations de consommateurs (FNAC) en partenariat avec le ministère de l’Industrie et du Commerce, fournit des données quantifiées sur l’impact négatif du régime horaire GMT+1. Cette étude intervient dans un contexte de contestation persistante, relancée après le retour à cette heure à la fin du Ramadan, et face à une pétition ayant recueilli plus de 300 000 signatures.
Les résultats montrent un rejet massif et transversal du système actuel. 69,4% des répondants jugent son impact négatif sur leur qualité de vie, dont plus d’un tiers de manière très négative. Seuls moins de 15% évoquent un effet positif. L’étude note une convergence des perceptions entre toutes les catégories socioprofessionnelles, des étudiants aux chefs d’entreprise.
Impacts biologiques et éducatifs
L’enquête identifie un décalage avec le cycle naturel de la lumière en hiver, qualifié de « social jetlag ». Plus de 63% des personnes interrogées déclarent avoir besoin d’au moins une semaine pour retrouver un rythme de sommeil stable après le changement d’heure. Un tiers évoque une adaptation dépassant deux semaines.
Dans le secteur éducatif, 65,1% des élèves jugent leur sommeil mauvais lors des premières heures de cours, et 62,7% déclarent un niveau de concentration faible. Une large majorité d’enseignants observe une hausse des retards, de l’absentéisme et une baisse de vigilance en début de journée. 91,7% des enseignants décrivent les élèves comme fatigués et émotionnellement instables.
Conséquences familiales, économiques et professionnelles
Plus de 62% des parents constatent un impact négatif sur le sommeil de leurs enfants, et 60% se disent inquiets pour leur sécurité lors des trajets matinaux effectués dans l’obscurité. Près de 60% des parents déclarent une hausse de leurs dépenses liée au GMT+1, notamment pour l’éclairage, le chauffage et le transport.
Dans le monde professionnel, une part importante des salariés estime que ce régime horaire complique la gestion des responsabilités familiales. Près de 65% des employeurs signalent des retards ou une désorganisation des horaires de travail. Sur le plan énergétique, plus de 64% des entreprises constatent une hausse de leurs coûts, contre 11,9% seulement qui évoquent des économies.
Préférences exprimées et contexte politique
Les préférences des répondants reflètent cette défiance. Plus d’un tiers plaide pour un retour au GMT+0 permanent, près de 30% pour une alternance saisonnière, tandis que seuls 10% soutiennent le maintien du GMT+1. Ce débat évolue alors que l’argument officiel des économies d’énergie a été fragilisé. La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a récemment reconnu l’absence d’économies significatives en hiver.
La pression pour une révision du système horaire marocain devrait se maintenir, portée à la fois par la mobilisation citoyenne et par la publication de données empiriques convergentes. Les décideurs politiques devront désormais composer avec ces éléments chiffrés qui objectivent un malaise social profond, transformant un débat technique en un sujet de société à part entière.
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