La Confédération démocratique du travail (CDT) a annoncé, ce lundi, le lancement d’un nouveau cycle de mobilisation à compter du 1er mai prochain. Cette décision fait suite à la dernière session du dialogue social tenue dans le cadre du round d’avril 2026, piloté par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, que le syndicat qualifie d’« impasse ».
La centrale syndicale estime que les discussions n’ont apporté « aucun élément nouveau » par rapport aux engagements antérieurs du gouvernement. Elle considère cette session comme une « occasion manquée » de répondre aux attentes pressantes des salariés et des fonctionnaires dans un contexte socio-économique difficile.
Des revendications prioritaires sans réponse
Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, la CDT a exprimé son mécontentement face aux résultats de cette session. Mohamed El Hattati, membre du bureau exécutif de la centrale, a souligné que les travailleurs espéraient des solutions concrètes qui n’ont pas été présentées.
Parmi les dossiers prioritaires restés en suspens figurent la revalorisation des salaires et des pensions de retraite, ainsi que l’allègement de la pression fiscale sur les revenus. Le syndicat insiste également sur le respect des engagements pris lors des précédents cycles de dialogue.
La CDT réclame par ailleurs la garantie des libertés syndicales et la régularisation de la situation de plusieurs corps professionnels, notamment les ingénieurs, les administrateurs et les techniciens. Les revendications du secteur privé, incluant une augmentation du salaire minimum dans l’industrie (SMIG) et l’agriculture (SMAG), ainsi que l’exécution des décisions de justice en matière sociale, sont également mises en avant.
Un contexte socio-économique tendu
La position de la CDT intervient dans un climat jugé « difficile et préoccupant » par l’organisation. Elle pointe notamment la hausse continue du coût de la vie, affectant les produits de base et les carburants.
Le syndicat conteste les arguments liés aux contraintes internationales souvent invoqués pour justifier l’absence de mesures en faveur du pouvoir d’achat. Il met en avant certains indicateurs économiques nationaux, comme l’amélioration des recettes fiscales et la reprise dans des secteurs tels que l’agriculture et le tourisme, pour réclamer une traduction directe de ces performances en gains sociaux pour les travailleurs.
Préparation des actions de protestation
En conséquence, la centrale a décidé de faire du 1er mai, journée internationale des travailleurs, le point de départ d’un « nouveau processus de protestation ». Des réunions internes sont d’ores et déjà prévues afin de définir les formes précises que prendra cette mobilisation à venir.
Cette annonce marque une escalade dans la pression exercée sur l’exécutif et place le gouvernement face à un enjeu majeur de gestion sociale. Elle révèle le fossé persistant entre les revendications portées par les partenaires sociaux et les réponses apportées jusqu’à présent par les autorités.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour voir si des canaux de discussion supplémentaires peuvent être rouverts ou si le mouvement de contestation annoncé par la CDT va effectivement s’amplifier, engageant ainsi un nouveau bras de fer social.
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