Filière laitière au Maroc : une reprise amorcée après sept années de sécheresse

Filière laitière au Maroc : une reprise amorcée après sept années de sécheresse

La filière laitière marocaine semble s’engager sur une trajectoire de croissance, après avoir surmonté sept années consécutives de sécheresse et plusieurs chocs économiques brutaux, selon les dernières données du secteur.

Cette résilience, observée par les analystes du ministère de l’Agriculture et de la Fédération interprofessionnelle de la filière laitière (FIL), repose sur une série de mesures de soutien mises en œuvre depuis 2020.

Un contexte climatique difficile

Entre 2016 et 2023, le Maroc a connu une sécheresse persistante, réduisant la disponibilité des fourrages et augmentant les coûts de production pour les éleveurs. Les précipitations annuelles sont restées inférieures à la moyenne historique, affectant directement les rendements des cultures fourragères.

Parallèlement, la flambée des prix des matières premières importées, notamment le soja et le maïs, a grevé les charges des exploitations laitières. Face à cette situation, les pouvoirs publics ont instauré un fonds de solidarité et des subventions ciblées pour maintenir les cheptels.

Signes de reprise

Depuis le début de l’année 2024, plusieurs indicateurs montrent une amélioration. La collecte nationale de lait cru a augmenté de 4,5 % au premier trimestre par rapport à la même période de 2023, selon les chiffres de la FIL. Cette hausse s’explique en partie par la reconstitution progressive des troupeaux et une meilleure gestion de l’alimentation animale.

Les transformateurs laitiers, dont les principales coopératives et groupes industriels, confirment une stabilisation de l’approvisionnement. Les prix du lait à la production se sont maintenus à des niveaux rémunérateurs, encourageant les éleveurs à investir dans des équipements de traite et de refroidissement.

Défis persistants

Malgré ces signaux positifs, la filière reste confrontée à des vulnérabilités structurelles. La dépendance aux importations d’intrants alimentaires demeure élevée, exposant les producteurs aux fluctuations des marchés mondiaux. De plus, la sécheresse de 2024 dans certaines régions du sud et de l’Oriental pourrait freiner la reprise si elle se prolonge.

Les experts du secteur appellent à accélérer la transition vers des systèmes d’élevage plus résilients, notamment via l’adoption de techniques d’irrigation économes en eau et la diversification des sources de fourrage.

Perspectives

À moyen terme, les autorités prévoient de renforcer le programme de soutien aux éleveurs, avec des enveloppes budgétaires dédiées à la modernisation des exploitations et à la formation technique. Un plan national pour la filière laitière, couvrant la période 2025-2030, est en cours de finalisation et devrait être présenté au Conseil d’administration de la FIL d’ici la fin de l’année.

La relance de la filière laitière marocaine dépendra en grande partie de la capacité des acteurs à conjuguer adaptation climatique et compétitivité économique, dans un contexte où la demande intérieure en produits laitiers continue de croître.

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