Base de Moron : un ancien général espagnol évoque un possible transfert vers le Maroc

Base de Moron : un ancien général espagnol évoque un possible transfert vers le Maroc

Un ancien haut gradé espagnol estime que la base aérienne américaine de Moron, située au sud-est de Séville, pourrait être transférée au Maroc « plus tôt qu’on ne le pense » si les tensions entre Washington et Madrid venaient à s’aggraver. Cette déclaration, rapportée par le quotidien espagnol La Razon, intervient dans un contexte de désaccords liés à l’utilisation des installations américaines en Espagne dans le cadre des opérations contre l’Iran.

Le lieutenant-général à la retraite Juan Montenegro, ancien représentant de l’Espagne auprès des comités militaires de l’OTAN et de l’Union européenne entre 2018 et 2021, a précisé que Washington disposerait de leviers plus réalistes qu’une exclusion de l’Espagne de l’OTAN. Selon lui, cette dernière option est juridiquement impossible. Il a plutôt évoqué un redéploiement partiel de moyens militaires américains, dont la base de Moron serait l’élément le plus facilement transférable.

Des différences de capacité entre Moron et Rota

Contrairement à la base navale de Rota, qui représente une infrastructure lourde et complexe à relocaliser, la base aérienne de Moron pourrait, selon Juan Montenegro, voir ses appareils et ses moyens aériens redéployés en quelques mois. Le général à la retraite a justifié cette hypothèse par le renforcement du partenariat militaire entre Rabat et Washington.

Il a notamment cité l’accord de coopération militaire signé entre les États-Unis et le Maroc pour une durée de dix ans. Ce document encadre leur collaboration en matière de défense. Il a également mentionné le développement des infrastructures militaires marocaines et l’émergence d’une industrie de défense locale. Plusieurs projets impliquant des groupes internationaux ont été annoncés ces dernières années dans le royaume.

La position géographique du Maroc en avant

La position géographique du Maroc, situé à proximité immédiate du détroit de Gibraltar, a été mise en avant par l’ancien militaire espagnol. Selon lui, le royaume apparaît comme une alternative potentielle dans l’hypothèse d’un redéploiement limité de capacités américaines. Le nom de Ksar Sghir, une localité marocaine proche du détroit, est régulièrement cité dans certaines analyses stratégiques comme option théorique.

En revanche, Juan Montenegro a estimé qu’un transfert de la base navale de Rota reste hautement improbable. Il a souligné les investissements massifs déjà engagés par Washington sur ce site. Il a également rappelé l’existence d’accords bilatéraux toujours en vigueur avec Madrid.

Aucun responsable américain n’a évoqué publiquement un tel scénario. Cette déclaration illustre les interrogations qui émergent en Espagne autour de l’avenir des bases américaines, dans un contexte de tensions diplomatiques inhabituelles avec Washington. Les spéculations devraient se poursuivre, notamment en fonction de l’évolution des relations entre les États-Unis et l’Espagne dans les semaines à venir.

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