Abdelilah Benkirane dénonce un « complot » et esquisse les priorités du PJD pour un retour au pouvoir

Abdelilah Benkirane dénonce un « complot » et esquisse les priorités du PJD pour un retour au pouvoir

Le secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), Abdelilah Benkirane, a livré un discours offensif le 1er Mai à l’occasion du meeting organisé par l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), le bras syndical de son parti. Devant des militants réunis à Casablanca, l’ancien chef du gouvernement a imputé la déroute électorale de sa formation à une « conspiration » et a détaillé ses priorités pour les prochaines législatives.

Des accusations visant un syndicat

Dans son intervention, Benkirane a visé, sans la nommer, une organisation syndicale qu’il accuse de s’être compromise après la chute du PJD. « Il existe des syndicats qui ont marchandé leur position. L’un d’eux s’est plaint de ne pas avoir été “récompensé” après la chute du PJD. Est-ce le rôle d’un syndicat de s’acharner à faire tomber un parti populaire ? Ce n’en est pas un », a-t-il déclaré, dénonçant une structure ayant « renié ses principes, ses dirigeants historiques et son identité ».

Le leader islamiste n’a pas précisé de quel syndicat il s’agissait, mais ses propos font écho aux tensions récurrentes entre le PJD et certaines centrales syndicales depuis les élections législatives de 2021. L’UNTM, liée au PJD, reste isolée sur l’échiquier syndical marocain.

La défaite attribuée à un « complot »

Benkirane est longuement revenu sur la débâcle électorale de son parti, passé de la première à la huitième place lors des législatives de septembre 2021. « Nous avons été victimes d’un complot dur et destructeur qui nous a fait passer de la première à la huitième place », a-t-il affirmé. Il a toutefois assuré que le PJD remontait progressivement : « Aujourd’hui, nous remontons progressivement pour retrouver le rang qui nous revient, et qui est, selon moi, la première place. »

Cette analyse s’inscrit dans une stratégie de mobilisation de la base électorale, alors que le PJD cherche à reconquérir son influence après une défaite qui l’a relégué dans l’opposition.

Une situation nationale jugée « tenable » malgré les tensions

Dans un registre plus mesuré, l’ancien chef du gouvernement a estimé que la situation du pays restait « tenable », malgré les tensions sociales et économiques. « Il peut y avoir, par moments, des poussées de tension, mais nous sommes encore dans une zone maîtrisable. Nous parlons précisément pour éviter d’atteindre un point de non-retour, qui serait synonyme de crise généralisée », a-t-il déclaré.

Benkirane a salué le rôle central de l’institution monarchique dans la préservation de la stabilité. « La monarchie est un pilier fondamental de la sécurité du pays. Sans stabilité, même les besoins les plus élémentaires deviennent insoutenables », a-t-il insisté.

Critique de l’élite et de la gestion des ressources

Le secrétaire général du PJD a également fustigé ce qu’il qualifie de logique de « contrôle » de la vie publique, accusant une élite de capter les richesses et de piloter les politiques au détriment des citoyens. « Certains se contentent de laisser aux Marocains le strict minimum, pendant qu’ils s’approprient les ressources, creusent la dette, cèdent les actifs publics et imposent leurs choix. Voilà le véritable problème », a-t-il soutenu.

Il n’a pas fourni de preuves précises à l’appui de ces accusations, mais a cherché à opposer son parti à une classe dirigeante qu’il juge déconnectée des réalités populaires.

Engagements pour les prochaines législatives

Abdelilah Benkirane a multiplié les promesses en vue des élections législatives de 2026. Il a notamment promis la suppression du changement d’heure (GMT+1), l’abandon de la limite d’âge de 30 ans pour l’accès à certains concours publics, ainsi qu’une révision du dispositif lié au registre social unifié.

Ces propositions visent à capter un électorat jeune et précaire, tout en répondant à des demandes récurrentes de la société civile marocaine.

Avenir politique et menace de retrait

Interrogé sur son avenir politique, Benkirane a laissé entendre que sa présence à la tête du gouvernement n’était pas une condition sine qua non. « Si je ne suis pas reconduit, je me retirerai. Le PJD regorge de compétences capables d’assumer cette responsabilité », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Mais si je reste secrétaire général, ils (l’actuelle majorité) ne resteront pas au gouvernement », dans une formule aux accents de défi.

Cette déclaration intervient dans un contexte où la direction du PJD fait face à des critiques internes sur sa stratégie et son incapacité à rebondir après la défaite.

Appel à l’inscription sur les listes électorales

Enfin, le dirigeant du PJD a appelé les citoyens à s’inscrire massivement sur les listes électorales à partir du 15 mai. « C’est par le vote que vous choisissez votre gouvernement. Si vous ne voulez pas reconduire l’actuelle majorité ou une formation similaire, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Mais encore faut-il être inscrit », a-t-il conclu.

Le PJD mise sur une forte mobilisation pour espérer inverser la tendance électorale lors des prochains scrutins, alors que les listes électorales devraient être ouvertes jusqu’à la fin de l’année 2025.

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